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Tome douzième.
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LETTRES

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Comme la direction du vallon coupe obliquement le coursdu soleil, la hauteur des monts jette toujours de l’ombre parquelque côté fur la plaine, de sorte qu’en dirigeant ses pro-menades & choisissant ses heures , on peut aisément faire àPabri du soleil tout le tour du vallon. D’ailleurs ces mêmesmontagnes interceptant ses rayons , font qu’il se leve tard «Scse couche de bonne heure , en sorte qu’on 11’en est pas long-tems brûlé. Nous avons presque ici la clef de Pénigme du Cielde trois aunes , ôc il est certain que les maisons qui sontprès de la source de la Reuse, n’ont pas trois heures de soleil,même en été.

Lorsqu’on quitte le bas du vallon pour se promener à mi-côte , comme nous fîmes une fois, Monsieur le Maréchal, lelong des Champeaux du côté d’Àndilly, on n’a pas une pro-menade aulïì commode, mais cet agrément est bien compensépar la variété des sites &c des points de vue, par les découver-tes que l’on fait fans cesse autour de soi, par les jolis réduitsqu’on trouve dans les gorges^les montagnes, où, le cours destorrens qui descendent dans la vallée, les hêtres qui les om-bragent , les coteaux qui les entourent offrent des asyles ver-doyans &c frais quand on suffoque à découvert. Ces réduits ,ces petits vallons ne s’apperçoivent pas , tant qu’on regarde auloin les montagnes , & cela joint à Pagrément du lieu celuide la surprise, lorsqu’on vient tout-d’un-coup à les découvrir.Combien de fois je me fuis figuré , vous suivant à la prome-nade & tournant autour d’un rocher aride , vous voir surpris& charmé de retrouver des bosquets pour les Dryades où vousn’auriez cru trouver que des antres 8 c des ours.

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Touc