LETTRES
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adressée , 6c renvoie à certe Dame , comme en réponse, leSermon des cinquante. Surprise d’un pareil envoi de ma part „cette femme m’écrit par une autre voie ( * ) , & voilà com-ment j'apprends ce qui s’est passé.
Vous êtes surpris que ma lettre fur la providence trait pasempêché Candide de naître ? C’est elle, au contraire, qui luia donné naissance ; Candide en est la réponse. L’Auteur m’enfit une de deux pages ( § ) , dans laquelle il battoir la campa-gne , 6c Candide parut dix mois après. Je voulois philosopheravec lui ; en réponse , il m’a períìíílé. Je lui ai écrit une foisque je le haïssois , & je lui en ai dit les raisons. II ne m'a pasécrit la même chose, mais il me l’a vivement fait sentir. Jeme venge en profitant des excellentes leçons qui sont dans sesouvrages, & je le force à continuer de me faire du bien mal-gré lui.
Pardon, Prince, voila trop de Jérémiades; mais c’est unpeu votre faute íì je prends tant de plaisir à m’épancher avecvous. Que fait Madame la Princesse? Daignez me palier quel-quefois de son état. Quand aurons-nous ce précieux enfant del’amour qui fera l'éleve de la vertu? Que ne deviendra-t-ilpoint sous de tels auspices ? De quelles fleurs charmantes , dequels fruits délicieux ne couronnera-t-il point les liens de sesdignes parens ? Mais cependant quels nouveaux soins vous sontimposés? Vos travaux vont redoubler: y pourrez-vous suffire:aurez-vous la force de persévérer ■jusqu’à la fin ? Pardon, Mon-
( * ) Cette lettre existe parmi les papiers de M. Rousseau. On en trouvera la*ïëponse immédiatement ci-après.
C § ) G'est celle du iz Septembre 1756;.
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