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Tome douzième.
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LETTRES

§56

L’affaire de la pension n’étoit pas terminée. II ne fut pasdifficile à M. Hume d’obtenir de Phumanité du Ministre ôcde la générosité du Prince qu’elle le fût. II fut chargé de mele marquer, il le fit. Ce moment fiat, jel’avoue, un des pluscritiques de ma vie. Combien il m’en coûta pour faire mondevoir ! Mes engagemens précédens, Pobligation de corres-pondre avec respect aux bontés du Roi, l'honneur d’être Pob-jet de fes attentions, de celles de son Ministre, le désir demarquer combien j’y étois sensible, même Pavantage d’êtreun peu plus au large en approchant de la vieilleífe, accabléd’ennuis ôc de maux, enfin Pembarras de trouver une excusehonnête pour éluder un bienfait déjà prefqifaccepté ; toutme rendoit difficile ôc cruelle la nécessité d’y renoncer ; caril le faîloit assurément, ou me rendre le plus vil de tous leshommes en devenant volontairement Pobligé de celui donc.j'étoi s trahi.

Je fis mon devoir, non fans peiné, j*écrivîs directementà M. le Général Conway ( * ), & avec autant de respect &d’honnêteté qu’il me fut possible, fans refus absolu , je medéfendis pour le présent d’accepter. M. Hume avoit été lenégociateur de l'affaire, le seul même qui en eût parlé ; non-seulement je ne lui répondis point, quoique ce fût lui quim’eût écrit, mais je ne dis pas un mot de lui dans ma lettre.Troisième soufflet sur la joue de mon Patron, Sc pour ce-lui-là, s'ii 11e le sent pas, c’est assurément fa faute : il n’ensent rien.

Ma lettre n’étoit pas claire Sc ne pouvoít Pêtre pour M»

(*) Voyez la lettre du x 3 Mai 17 66 ,

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