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Le goût des Anglais pour ce genre de décorations typogra-phiques, imitant les éditions incunables, qui sont ordinaire-ment embellies de tailles de bois, et qui étaient tant recher-chées par les antiquaires; l’avantage qu’offraient les gravuresxylographiques à la typographie par la modicité du prix del’impression, provenant de ce qu’on pouvait intercaler dans letexte les vignettes gravées et les imprimer en même temps quela lettre; tous ces motifs contribuèrent puissamment à faire re-vivre en Angleterre l’art de la xylographie, et engagèrent lesautres nations à imiter les Anglais à cet égard.
Excitée par les belles gravures d’Anderson et de llewick,la Société d’encouragement pour l’industrie nationale de Parispris l’initiative et proposa, en ventôse de l’an XIII('), un prixde 2,000 francs afin d’encourager ce genre de gravure en France.Mais la xylographie n’existait plus, et pour preuve nous don-nerons un extrait du rapport de M. de Mérimée sur le résultatde ce concours t s ) :
« Vous devez être surpris, Messieurs, que dans un pays oùtous les arts du dessin sont cultivés avec plus de succès quepartout ailleurs, il ne.se soit présenté qu’un seul artiste auconcours pour le perfectionnement de la gravure en bois.
« La disette de concurrents prouve du moins que votre sol-licitude n’a pas été mal dirigée, lorsque vous avez entreprisde relever un art infiniment utile, qui languit parmi nous, tan-dis que nos voisins l’ont porté à un très-haut degré de perfec-tion.
« Ce genre de gravure, qu’on devrait plutôt appeler gravure entaille de relief, ou en traits saillants, puisque la forme seule et nonla-matière en détermine l’emploi; ce genre, dis-je, présente dans
(1) Bulletin, N" IX, vol. a, 18U5.--La Société d'encouragement pour l’industrienationale, fondée on 1802, reconnue comme établissement d’utilité publique par or-donnance royale du A avril 18-24, est certainement une des institutions les plusdistinguées, les plus utiles, et les plus libérales qu'on connaisse ; elle a puissammentcontribué aux progrès des sciences, des arts etdes industries, par des eiicouragemenlsde toute nature. Les bulletins que publie fréquemment cetle société nous ont été d’unsecours précieux, pour nos recherches sur l’origine et le perfectionnement des arts eldes industries, dont il est question dans cet ouvrage.
(2) liuii. X-X, vol. IV, févr. 480ü.