Buch 
Des arts graphiques destinés à multiplier par l'impression, considérés sous le double point de vue historique et pratique / par J.-M. Herman Hammann
Entstehung
JPEG-Download
 

Lorsquon commença, en Angleterre, la fabrication du papierpeint, le procédé chinois fut dabord appliqué, cest-à-dire lim-pression préalable des contours, puis quelques teintes plates, ditesgéométràles. Ce ne fut que vers 1785 que Réveillon ('), de Paris,porta cette fabrication à un assez haut degré de perfection. Dèscette époque on fit des progrès rapides, et maintenant, grâce auconcours dartistes et de fabricants intelligents, on imite à sy mé-prendre tous les genres de peintures, en se servant quelquefoisjusquà cent planches, suivant le mélange et la variété des couleurs.

Les papiers peints ont été précédés par les tissus peints, quisont également dorigine orientale.

Les Portugais, qui découvrirent les Indes, nen firent connaîtreen Europe que les produits; il était réservé à un peuple plus in-dustrieux, les Hollandais, dy importer les procédés de leur fabri-cation. Ces toiles, connues sous le nom dejperscs ou indiennes , na-vaient dimprimé que le trait; les sujets étaient coloriés au pinceau.

A la suite des troubles religieux, les Français réfugiés en Hol-lande ( 2 ) sappliquèrent avec succès à la toile peinte, et paraissentlavoir exportée de ce pays dans la Suisse et en Allemagne. SelonM. Thompson, cest un réfugié français qui établit la première fa-brique à Richemont, sur la Tamise, en 1690. Ce fut aussi un réfu-gié français qui introduisit cette industrie à Neuchâtel en Suisse,en 1689 ; cétait Jacques Deluze, natif de Saintonge. Sa fabriqueprit un tel développement, quen 1750 son fils se vit à latête dundes établissements les plus considérables du continent.

Dès ce moment la concurrence se créait, et de nouveaux fabri-cants sétablirent à peu de distance, ou passèrent en Allemagne,en Portugal, en France même. Mais les fabriques en Alsace nefirent de véritables progrès quà partir du moment (1746) ilssentourèrent dimprimeurs et de graveurs de Neuchâtel et deGenève.

Dans cette dernière ville, les Fazy et leurs successeurs, les Petitet les Labarthe, possédèrent des fabriques très-florissantes. LeGenevois Frey (1740) élevait la première fabrique dindiennes

(1; Dictionnaire de l'industrie, an IX.

(2) Voyez pour tous les détails de cette fabrication l'ouvrage classique, le Traitéthéorique et pratique de limpression des tissus, par J. Persoz, prof. Paris,