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que la Normandie ait possédée. Cependant en Allemagne, àAugsbourg(‘), ou avait déjà imité sur futaine, en 1523, les pro-duits de l’Inde ; mais il est probable que ce n’étaient que despeintures à l’huile. Ce n’est qu’en 1698 que fut accordé àGeorge Neudorfer, de cette ville, le privilège de teindre en ga-rance les tissus imprimés. Il y avait aussi dans ce temps un fa-bricant Jean-François Gig'noux, natif de Genève (1692) qui sedistinguait surtout dans la connaissance des couleurs.
Jean Henri baron de Schüle est généralement regardé commele créateur de cette industrie en Allemagne : il obtint l’autorisa-tion d’établir une fabrique à Augsbourg en 1750.
L’art d’imprimer les tissus se perfectionna peu à peu dans lecourant du XVIH 0 siècle, et continua de progresser d’une ma-nière remarquable jusqu’à nos jours, où il n’a point encore trouvéses limites.
Les procédés de l’impression du papier-tenture et ceux destissus ont entre eux beaucoup de ressemblance sous le rap-port de la gravure et de l’emploi des planches, tandis qu’ilsdiffèrent essentiellement sous celui de l’application des couleurset des autres manipulations. Ce n’est que de l’emploi de la gravureen relief que nous allons donner quelques détails.
Les bois dont on se sert pour la gravure des planches sontles mêmes qu’on a désignés plus haut pour la xylographie, maison préfère le poirier pour les petites planches, le noyer pour lesgrandes. Après avoir bien aplani les surfaces, les planchespassent entre les mains du metteur sur bois, qui trace sur chacuned’elles les traits de la couleur qu’elle devra imprimer. Ce tracéfait, le graveur se met à l’œuvre, et nous rencontrons là lesmêmes outils que les xylographes en illustrations ont reléguésdepuis l’époque de Bewik, c’est-à-dire différentes espèces degouges, de pointes tranchantes, de bouts-avants, et le drille.
La gravure sur bois avait peu à peu remplacé le pinceau; à
(1) Stetieu, page 254. Dans le mobilier appartenant à l'église métropolitaine il 1 Augs-bourg du XV" siècle, il est fait mention d’étoffes imprimées, et les registres du fiscde 1490 à 1495 contiennent le nom d’un imprimeur de toiles. Cuis en 1523 il y estquestion d’un imprimeur de futaine, Jœrig Hol'nian.—Voyezaussi Th. Hcrbergcr’sl'rühere Industrie Augsburg’s, 1852, p. IG.