En 1856, un nouveau pas fut fait, le bulletin de la Société d’en-couragement (*) va nous le faire connaître : « L’art de la gravuredes planches d’impression des tissus était arrivé à ce point lors-que, vers 1849, M. Sclmltz, dessinateur àParis, importa en Francel’idée d’origine anglaise de la machine dont nous allons donner ladescription.
« L’appareil fut construit à Paris et fonctionna à Putcux chezMM. ISernoville, Larsonnier et Chenet.
«On doit croire que les essais furent peu heureux, ou tout aumoins que la machine construite sur les indications de M. Schultzétait bien imparfaite, car le procédé de gravure qu’elle réalise nefut pas apprécié à Mulhouse dans les quelques ateliers où ontenta de l’introduire.
« MM. Heilmann frères, à Muhlhouse, ont repris les essais, etc’est à leur constante persévérance, à leur étude approfondie duprocédé, qu’on doit la réalisation d’un système dont les résultatssont extrêmement remarquables. Voici en quoi il consiste :
« Une mortaiseuse à pédale donne le mouvement à un outil tran-chant de forme quelconque, mais répondant à un détail du dessinvoulu. Les dimensions de cette mortaiseuse sont plus réduites en-core que celles de la plus petite des machines analogues usitéesdans les ateliers de constructions ; cependant les dispositions es-sentielles sont les mêmes. Un tube à deux branches lance constam-ment deux jets de gaz convergents dans la direction de l’outil qui,sous l’action de la flamme, s’échauffe rapidement pendant samarche. Le bois dessiné qu’il s’agit de graver en creux est conduità la main et reçoit l’action de l’outil. Echauffé à une températuredéterminée, celui-ci pénètre le bois à une profondeur constanteon le brûlant, et produit ainsi un creux dont les contours ont unenetteté et une régularité remarquables. On arrive de la sorte àproduire, en deux ou trois jours au plus, une planche ou une ma-trice qui exigeait souvent un mois dans le système des bois aveccuivres implantés en relief, et une semaine au moins avec la mé-thode de gravure en creux par compression du bois.
« Le bois soumis au travail de mortaiseuse doit être préparé
(t) Bulletin île la Société d'encouragement, etc. t. III, deuxième série, n° 4Ü,Juillet 1856, p. 412.