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che à travers le vernis doivent être de bon acier trempé et dedifférentes grosseurs, suivant le genre de dessin qu’on veut re-produire. Les fines aiguilles anglaises et les équarrissoirs dont seservent les horlogers, fixés dans un porte-pointe ou dans desmanches, sont les meilleures pointes. Il faut avoir soin de les ai-guiser convenablement pour qu’elles glissent sur le cuivre danstous les sens avec facilité, qu’elles tracent un trait pur, brillant)sans aucune égratignure, et qu’elles n’attaquent le cuivre que lé-gèrement.
Le tracé à la pointe terminé, on soumet la planche à l’actiondu mordant pour creuser les traits. A cet effet on entoure la plan-che entière, ou la partie seulement qu’on veut faire mordre, d’unbord en cire molle de 2 à 3 centimètres de haut, en ménageantdans un de ses angles une petite goulotte pour pouvoir se débar-rasser commodément de l’acide restant après la morsure. L’eau-forte ou l’acide nitrique que l’on verse sur la planche à la hau-teur de 2 centimètres au moins, doit avoir 15, 20 ou 25 degrés,suivant le travail qu’on veut exécuter. En y mêlant un peu desel ammoniac, on empêche l’eau-forte d’élargir les traits. Laforce de l’acide et la durée de la morsure ne sont soumises àaucune règle fixe ; la pratique seule guidera l’artiste. Il faut ce-pendant avoir soin de ne pas laisser l’eau-forte en repos, maisde l’agiter souvent avec la barbe d’une plume de pigeon, pourôter les bulles qui se forment sur les traits. Lorsqu’on juge queles parties légères ont acquis le ton convenable, il faut suspendrel’action du mordant. On retire l’eau-forte, on lave la planche àplusieurs eaux, sans ôter la bordure de cire ; et on la sèche, enappliquant dessus du papier brouillard ou du papier joseph. En-suite on recouvre toutes les parties suffisamment mordues depetit vernis ou de vernis à couvrir, composé d’une dissolutiond’asphalte dans de l’essence de térébenthine mélangée d’un peude noir de fumée, avec un pinceau. Après l’entière dessiccationdu vernis, on remet l’eau-forte pour opérer la seconde morsure,et pour donner à d’autres parties le degré de force convenable.On continue ainsi jusqu’à ce que tous les tons aient acquis le de-gré de vigueur convenable, en ayant soin de retirer chaquefois l’eau-forte de la planche, de laver celle-ci et de la sécher.