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Tome second.
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D E L O U I S X I V. L I V. X V. 199

en furent indignés & en eurent une vraie horreur. C’étoit pourtant lemême qu’il avoit ouvert tant de fois, & qui avoit été reçu avec de íìgrands applaudissemens. Dans la fuite de la délibération, la plupart fu-rent d’avis de prier Monsieur le Duc d’Orléans d’écrire encore au Roi)our obtenir des passeports. Le Prince de Coudé s’échauffa beaucoup.1 déclara, qu’il ne poferoit point les armes, qu’il n’eût ses sûretés pour■ ui-même, & pour ses troupes. II refusa d’écouter ceux qui voulurente faire ressouvenir de ses promesses. Appuïé des Présidens de Nesinond& de Longueil, il fe rendit maître de la délibération. En faisant écrirele résultat on substitua d’autres termes, qui en changèrent la substance.

D e Caumont, Conseiller attaché à la maison de Condé, parce qu’enmille six-cens seize le Prince de Condé lui avoit fait donner gratuite-ment fa Charge, proposa de prier Messieurs les Princes d’écrire au Roi,qu’ils avoient mis bas les armes, & qu’ils supplioient Sa Majesté de leuraccorder des passeports pour envoyer vers elle , & conférer de la routeque les troupes Françoiíès & Etrangères dévoient tenir , & même con-certer les termes de f Amnistie pour la sûreté de tout le Roïaume. Laplus grande partie se rendit à cet avis. Quand il fût question d’énon-cer les termes au Greffier, il dicta, que Mejjleurs les Princes meuroient lesarmes bas après qu’ils auroient reçu des Pajfeports.

C e changement excita une grande rumeur. On le traita de surprise& d’artifice malicieux. II s’éleva de grands cris contre ceux qui fe plai-gnoient. Le Prince de Condé déclara encore avec plus de chaleur, qu’ilne désarmerait point ; qu’il ne pouvoit avoir de fureté que par une décla-ration concertée & vérifiée au Parlement de Paris, non à Pontoise : demanière que par ces voies de hauteur & de supercherie l’Arrêté se trou-va conçu en ces termes. Que le Roi fera remercié de réloignement duCardinal, & supplié de vouloir donner la paix à son Roïaume & retour-ner à Paris. Que le Duc d’Orléans fera prié d’écrire au Roi, que lui &le Prince de Condé poseraient les armes en envoïant par Sa Majesté lesordres nécessaires pour les troupes Françoises & passeport pour les Etran-gères , & accordant une déclaration d’Amnistie en bonne forme.

L’impression de cet Arrêt, qu’on croioit devoir être applaudi, n’ar-rêta point l’ébranlement général où l’on étoit pour rentrer dans son de-voir. Le cinq de septembre, l’Hótel de Ville en présence des Princes,ordonna une députation pour remercier le Roi, & le supplier de donnerla paix & de revenir à Paris. Le neuf les Ecclésiastiques envoïerentaussi leurs Députés avec les mêmes ordres. La proposition s’étoit faitepar le Doyen du Chapitre de Notre-Dame, fans en parler au Cardinalde Retz. Ce Cardinal se mit à la tête du Clergé , sous prétexte, d’allerdemander la paix au Roi, mais en effet pour recevoir le bonnet de lamain de ce Prince, à qui le Pape l’avoit envoyé depuis peu.

Le Parlement suivit ces exemples. S’étant assemblé pour trouverune fin à ces mouvemens, dans la continuation desquels chacun croioitvoir fa perte assurée, on résolut de députer pour demander la paix. Com-me

1652.

Talon , vol.8- Part. 2,pag. 9;.

L’Hótel deVille, leClergé dépu-tent pour de-mander le re-tour du Roi.

Le Parle-ment de Pa-ris veut lefaire,