DE LOUIS XIV. LIV. XV.
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se rendre. Ces deux Généraux connoissoient l’importance de ce poste,ils s’empresterent également pour se prévenir. Le Vicomte de Turennefût plus habile , ou plus diligent. Les Lorrains aïant manqué ce poste,se retirèrent une lieue plus haut, le long de la petite rivière d’Yère , vis-à-vis le Chêteau d’Ablon, où le Prince de Condé les joignit deux ou troisjours après.
O n employa utilement ce délai. En arrivant à Villeneuve , on avoitarrêté vingt-quatre ou vingt-cinq grands bateaux; on s’en servit pourfaire deux ponts fur la Seine. On surmonta , pour en venir à bout, desdifficultés , qui paroistòient invincibles. On n’avoit ni argent ni bois.Le dérangement étoit tel, que l’Intendant de l’Armée ne pût fournirtrois cent pistoles ; on les emprunta de plusieurs Officiers. On abbattitles maisons du Bourg pour en prendre les poûtres & les planches. Cettecommunication avec l’autre bord de la Seine étoit absolument nécessairepour le fourrage. La Cavalerie en avoit manqué dès le prémier jour.Pour fe maintenir dans ce poste, on se retrancha du côté de Limai, quiétoit le seul endroit par où on pouvoit être attaqué. Un bois couvroitla droite , on avoit la Seine à gauche, f Yère garantissoit par derrière.Pour assurer le front, qui regardoit Limai & Gros-Bois, on n’eut qu’àfaire des lignes entre les deux redoutes, que le Duc de Lorraine y avoitélevées, & qui par bonheur se trouvoient entières. Ce fût dans cecamp que 1e Vicomte de Turenne , avec vingt-huit Escadrons & cinqmille nommes d’Infanterie , résolut d’attendre l’ennemi, qui venoit à luiavec quatre-vingt Escadrons & huit mille hommes de pied. Cette poi-gnée ae monde étoit alors Tunique appui de la Roïauté. Si elle eût étémoins bien conduite , ou mieux attaquée, on n’avoit plus de ressource,& qui peut dire ce qui seroit arrivé ? ^
Apres que le Prince de Condé eût joint le Duc de Lorraine, ils sepostèrent entre Villeneuve & Corbeil. S’ils étoient demeurés dans cettesituation il est sûr qu’au bout de quatre jours PArmée du Roi eût étéobligée de se retirer en désordre vers Lagni, étant impossible qu’elle pûtavoir des vivres , fans les recevoir de Corbeil par la communication de larivière. Ils quittèrent ce poste fans en connoître apparemment la con-séquence , & approchèrent du camp du Vicomte. Ils isolèrent l’atta-quer, & prirent le parti de le bloquer & de l’affamer. Ils s’étoientcontentés de laisser cent cinquante Mousquetaires dans le Château d’Ab-lon pour empêcher fa communication avec Corbeil, croïant qu’en ve-nant loger si près de lui, il n’entreprendroit pas d’enlever ce poste ; ils setrompèrent. La nuit même il fût attaqué , & pris à la pointe du jour >& si bien gardé , qu’ils ne pensèrent pas même à le reprendre.
L’ennemi, pour mieux assurer le Blocus, sit aussi faire deux pontsfur la Seine entre Villeneuve & Charenton. L’habileté du Vicomte deTurenne rendit ces précautions inutiles. Quelques troupes, qui avoientservi au siège de Montrond, assurèrent Corbeil contre toute surprise.II íàlloit aller fort loin au fourrage, souvent même on ne pouvoit re-
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Sa diligence.
Le Prince deCondé, quoi-que beau-oup plusfort, n’ôsel'aUuquer,
II prend leparti de l’af-farner, il nepeut y rétif,sir.