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Le parti duRoi prend ledessus àParis.
Talon,vol. 8-Part. 2 . p.100,
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venir le même jour ; il auroit fallu de grosses escortes de Cavalerie &d’Infanterie , on trouva un moïen plus aisé & moins hazardeux. Lecamp volant de deux mille chevaux qui étoit à Corbeil, détachoit tousles jours de petits partis, qui examinoient l’un & l’autre côté de larivière en descendant, & qui se rencontraient avec ceux du camp , quifaisoient la même manœuvre en remontant. Chacun retournoit de soncôté après s’être communiqué ce qu’ils avoient découvert. Quand ceuxdu camp rapportoient, qu’il n’y avait rien à craindre, les fourrageurssortaient; ils allaient par-delà Corbeil, passoient la rivière d’Essone, four-rageaient tranquillement, & revenaient de l’un ou de l’autre côté de laSeine , selon les avis qu’ils recevaient.
Cette méthode fût suivie avec tant de succès, qu’aucun convoi nefût enlevé , & que l’Armée affiegée fût dans une plus grande abondanceque celle , qui avoit entrepris de l’aíFamer. On peut dire , que la Mo-narchie Françoise étoit réduite à cette extrémité , que sa conservation dé-
Í iendoit de chacun de ces convois, la perte d’un seul pouvant causera perte de l’Armée, qui étoit son unique appui. Le Prince de Condé &son parti triomphaient en idée ; ils n’espéroient rien de moins, que deréduire le Vicomte à se rendre à discrétion; ils se vantaient, qu’il ne pou-vait leur échapper. On dit même qu’ils s’en croioient si assûrés, qu’ilsavoient par avance disposé des Provinces & des principales Charges de l’E-tat. Ces Armées restèrent en présence un mois entier, fans que la plusforte fìt aucune entreprise sur la faible.
Tandis que le Prince de Condé restait dans l’inaction, le parti duRoi profitoit de son absence, & se fortifioit de plus en plus dans Paris.De concert avec le Duc d’Orléans, il avoit refusé des passeports aux Dé-putés des six Corps de Marchands , qui voulaient, à l’exemple des autresCompagnies , aller remercier leur Souverain de PAmnistie, qu’il leuravoit accordée, & Pinviter de revenir. Sur ce refus, il se fit une Assem-blée nombreuse au Palais-Roïal, autorisée par un ordre du Roi, qui or-donnait aux Bourgeois de prendre les armes pour se saisir de ceux qui lestenaient dans l’oppreffion, & en cas de résistance , d’uíer des voïes defait. L’assemblée fût nombreuse ; le Peuple des quartiers voisins criavive le Rsr. On mit du papier à l'on chapeau, comme le parti opposé yavoit mis de la paille le quatre de juillet précédent. Ce parti ne se re-mua point. Peut-être auroit-il vû tranquillement lesRoïalistes exécuterleurs ordres ; ils ne le firent point. Apparemment que cet éclat ne s’étoitménagé, que pour affermir les honnêtes gens dans leurs bonnes inten-tions , & pour apprendre au reste du Roïaume la décadence du parti desPrinces dans la Capitale.
L e Duc d’Orléans ne se sentant pas assez fort pour se vanger des Au-teurs de cette démarche , dont l'un étoit un Conseiller Clerc de la Grand-Chambre , fût réduit à s’en plaindre au Parlement. II y eut ordre d’in-former, & défenses furent laites de porter aucunes marques extérieu-res. L’arrêt étoit sage, car tout ce qui tend à soulever le peuple est
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