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Tome second.
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DE LOUIS XIV. LIV. XV.

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toújours dangereux ; mais, comme le remarque Talon , il déplut infini- ———meut aux gens de bien, non qu’ils approuvassent l’Assemblée du Palais- i6fz.Roïal, mais parce que faction de l’Hôtel de Ville étant demeurée im- i DU i p. 10 i.punie , les Magistrats même aïant été obligés un mois durant de porterde la paille, il ne s’en étoit faite aucune plainte dans le public.

Pour affermir, & pour rendre ces heureuses dispositions encore Le Vicomteplus générales, il ne manquoit plus que de dégager l’Armée, & la faire deTurenneapprocher de Paris. On fit demander aux Généraux, s’ils croioient y k dégage,pouvoir réussir fans trop s’expofer. Ils l’entreprirent, & la sagesse deleur retraite fût aussi glorieuse, que l’avoit été leur intrépidité à se main-tenir contre une Armée si supérieure. On fit dresser douze ponts furla petite rivière d’Yère fous prétexte de favoriser les fourrages. Pourpersuader de plus en plus l’ennemi, qu’on ne penfoit qu’à assurer lesfourrageurs, les troupes, qui étoient à Corbeil, eurent ordre de fairedes redoutes fur la hauteur qui est devant la Ville. Ces arrangemenspris, le quatre octobre, une heure avant le coucher du soleil, les trou-pes eurent ordre de fe préparer à marcher. Dès qu’il fût nuit les ba-gages passèrent vers Corbeil, par le chemin le plus bas le long de laSeine; 1 Armée suivit en bon ordre. On ne releva les sentinelles & lesgardes avancées, qu’après qu’elle fût toute passée. On rompit les ponts,on arriva à Corbeil avant que le soleil fût levé, & que Penncmi se fûtapperçu que sa proie lui étoit échappée.

Q_u and meme il l’auroit appris plûtót, il n’auroit pú faire quedes efforts inutiles. Après une lieuë de marche le terrein étoit extrême-ment favorable. La petite Armée marchoit entre la Seine & la Forêtde Sennar ; elle remplissoit cet espace de manière , qu’elle ne pouvoitêtre prise en flanc, & plus on avançoit vers Corbeil, plus le terrein feretrecissoit. Le lendemain on marcha à Chaume, pour aller à Meauxpasser la Marne, & joindre ensuite la Cour. Cette journée fût pénible ,les ennemis auroient pu attaquer, s’ils avoient voulu ; mais ils étoientfans Chef. Le Duc de Lorraine, qui s’embarrassoit plus de la conser-vation de ses troupes que de leur succès, étoit à Paris à fe divertir, lePrince de Coudé y étoit malade, „ pour s’être , dit Joli, trop amusé Tom.i.p.iu„ avec une Comédienne.

On marcha pourtant avec autant de précaution , que si on eut dûêtre attaqué ; en un quart d’heure P Armée pouvoit être en bataille. L’a-vant-garde marchoit fur deux colonnes, l’Efcadron à la tête de la colonnede la gauche étoit le prémier de la prémière ligne, celui qui étoit à la têtede la colonne de la droite étoit le prémier de la seconde ligne. Les dis-tances étoient observées , comme si on avoit été près de combattre. L’in-fanterie suivoit la Cavalerie dans le même -ordre ; de forte que si l’ennemiétoit venu, on eût été prêt à le recevoir en tournant à gauche ; mais il neparut point, & ne donna aucune inquiétude. On marcha tranquille-ment , & l’on arriva où l’on voulut fans aucun obstacle. Cette retrai-te si surprenante fût le coup de massue qui accabla le parti rébelle.

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