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HISTOIRE
16s2.
te Prince deCondé sortdu Roïaume.
Tom. f.207.
La maladie du Prince de Condé lui sauva une partie de sa gloire ; caron ne manqua pas de dire que s’il eut été à la tête de ses troupes , í’Ar-mée du Roi ne lui auroit point échappé. II eít pourtant certain, quede la manière dont elle se retira, il étoit impossible de l'attaquer avantqu’elle fût arrivée à Corbeil. D’ailleurs , ce Prince avoit quantité defautes à se reprocher, capables de diminuer une réputation moins éta-blie que la sienne. On ne comprend pas pourquoi il prit le parti d’aí-siéger le Vicomte de Turenne, plutôt que de le forcer dans son camp,sur-tout aïant devant les yeux l’exemple récent de ce Général, qui n’a-voit point hésité d’attaquer dans ce même camp le Duc de Lorraine,dont les troupes étoient du moins aussi bonnes & aussi nombreuses queles siennes. Ce Prince n’auroit-il pas dû prévoir la prise d’Ablon, quiassurait à son ennemi la communication avec Corbeil ? Si sa vigilanceeut été égale à celle du Vicomte , n’auroit-il pas surpris quelqu’un deses convois, ou , ce. qui revenoit au même, n’en auroit-il pas rendu lepassage plus difficile & plus rare ?
L’ArmeeR oïale étant sortie du mauvais pas, où la nécessité l’avoitforcée de s’engager , le nombre des partisans du Roi augmenta telle-ment dans Paris , l’inclination pour la paix y devint si vive & si gé-nérale , que Monsieur le Prince ne s’y crut plus en fureté. Dès qu’ilfût remis de son indisposition ili en sortit, & joignant ses troupes àcelles du Duc de Lorraine , il marcha vers la frontière de Champagne,où le Comte de Fuensaldagne l’attendoit. On s'est affez étonné , ditMonsieur de Turenne dans ses Mémoires , de ce qull quittoit Paris fiaisément , étant certain que c’ést m fort grand avantage de s’y maintenir ,quand on est affez malheureux pur faire la guerre à son Roi. Mais les di-verses cabales qui ti allaient pat à son but , un peu de manque de vue pourles choses qui dévoient suivre son départ , aujji bien que les espérances qu’il con-cevoit de fa jon&ion avec les Espagnols , Pobligérent à quitter Paris. Uneautre chose Py conviait fort ; touché de la façon dont Mr. de Lorraine vi-voit 'avec son Armée , Qfi lot des affaires du Parlement , il défiroit de femettre dans une manière de vivre semblable. Si ce dernier motif étoitréel , il contredirait violemment ce qu’on a publié de la justesse d’es-prit , de la grandeur & de la solidité du cœur de ce Prince.
En sortant de Paris il y laissa un manifeste rempli d’exhortationspour animer les peuples contre le Mazarin , & leur faire appréhenderíà vengeance. On eut peu d’égard à ce papier. A peine étoit-il par-ti que les Députés des six Corps de Marchands allèrent trouver leRoi. Ils furent bien reçus ; mais on souhaita que ceux de l’Hótel deVille, qui avoient été dépossédés , fussent rétablis. On fût obéi. Brous-sel désespérant de se pouvoir .maintenir s’étoit déjà déposé lui-même.On négocioit en même tems avec Gaston & avec le Parlement. CetteCompagnie demandoit seulement de n’être point mal-traitée parce qu’el-le ne s’étoit point rendue à Pontoise. Pour Gaston , il persistoit tou-jours à vouloir que l’abscnce du Cardinal Mazarin fût perpétuelle ;
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