DE LOUIS XIV. L IV. XV. aof
mais comme on connoiiToit son caractère irrésolu, & que Paris se dé-clarait de plus en plus, on le craignit peu , & on ne laissa pas de sedéterminer à ramener le Roi dans sa Capitale.
P o u r consommer l’affaire, & s’assûrer de plus en plus, on souhaitaune députation des Colonels & des Capitaines des quartiers. Elle fûtau-moins de deux cent cinquante personnes. Ils eurent audience à St.Germain le dix-huit d’octobre. Le Roi promit d’étre à Paris le vingt-un. 11s ramenèrent le Maréchal de l’Hópital, le Prévôt des Marchands& les deux Echevins déposés. On voulut engager Gaston à monter àcheval pour exciter le peuple à s’opposer à leur entrée. Ce Prince nesachant ni résister, ni se soumettre , resta tranquillement au Luxem-bourg. On essaïa de les intimider ; on leur fit dire , que s’ils entraientils trouveraient des barricades, rien n'étoit plus faux, ils furent reçusavec des acclamations publiques.
Il n’en falloit pas moins pour déterminer la Cour. Le retour à ParisDaroissoit une démarche critique. Elle l’étoit en effet , & il est bien: ’ûr , qu’il ne falloit pas la risquer sans être assuré du succès. Mais ne’étoit-on pas ? Broussel & le Duc de Beaufort dépossédés , le Maré-chal de PHôpital , le Prévôt des Marchands , les Echevins rétablisavec la satisfaction publique , n’étoient-ils pas des preuves non suspec-tes , qu’on ne vouloit plus être le jouet des esprits ambitieux , quin’avoient point eu d’autre dessein que d’usurper l’autorité Roïale ?
On délibéra pourtant longtems. Les avis, qu’on recevoit de Paris ,étoient la source de ces incertitudes. II fallut que le Vicomte de Tu-renne , aussi bon pour le Cabinet que pour la guerre , les fixât. II serendit à Mantes , parla au Roi & à la Reine. II leur réprésenta l’étatde l’Armée , Pimpoísibilité qu’il y avoit de la remettre sans être maîtrede Paris. 11 ajouta, que tout le Royaume se soulèverait fi on passoitPhiver sans y entrer ; qu’on avoit déjà éprouvé qu’aucune grande Vil-le n’avoit voulu recevoir la Cour ; que P Armée se réduirait à rien fau-te d’argent & de quartiers ; que l’éloignement du Prince de Coudéavoit étonné ses partisans , qu’il ne falloit pas leur donner le tems dese reconnoître. Ces raisons furent goûtées. On partit pour St Ger-main dans la résolution de tenter Pavanture.
Lors q_u’ o n en sortit, on envoïa au Duc d’Orléans une personne deconfiance pour lui notifier que le Roi étoit en chemin , & qu’il arrive-rait incessamment. L’Envoyé revint. II trouva le Roi & la Reineentre St. Cloud & le Bois de Boulogne; il rapporta, que Monsieurétoit résolu de demeurer à Paris. D’autres personnes réprésentèrent ,que Pentrepriíè étoit dangereuse , & que c’étoit engager téméraire-ment la personne du Roi. Sur cela les inquiétudes se renouvellèrent. Ontint conseil , presque tous opinèrent à retourner fur ses pas. Mon-sieur de Turenne s’y opposa , jusqu’à dire , que ceux qui faisoient don-ner ces avis étoient des ennemis couverts , ou des esprits foibles qu’onne devoit point écouter. II fit résoudre, que le Roi & la Reine
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Le Gou-verneur ,le Prévôt desMarchandsrétablis.
On délibèrefurie retourdu Roi, leVicomte deTurenne lefait résoudre.