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HISTOIRE
I6f2.
Joie sincèredu Peupleà son arrivée.
Lit de Jus-tice.
Talon , vol.g. Part. 2.pag. 106.
iroient jusqu’à la Croix du Tiroir , que de-là la Reine iroit au Louvre& le Roi droit au Luxembourg , pour convier Monsieur de venir auLouvre ou l’y amener.
La Reine toujours intrépide appuïa ce sentiment & le fit prévaloir.On envoïa au Duc d’Orléans pour l’en instruire, avec ordre de venirau-devant du Roi , ou de se retirer. II fit demander en grâce , qu’onvoulût bien souffrir , qu’il différât son départ jusqu’au lendemain ma-tin ; on y consentit. Le jeune Monarque monta à cheval pourse faire voir à son peuple. Au-lieu des oppositions dont on avoitvoulu lui faire peur , il fût reçu avec mille bénédictions , qui ras-surèrent de la joïe sincère qu’on avoit de son retour , & de la dispositionoù l’on étoit d’être aussi fidèles & aussi soûmis, qu’on l’avoit été peudepuis qu’on s’étoit livré à l’esprit de faction & de révolte.
T ouï plia dès ce moment, qui fût le commencement du règne le
Ï lus souverain , le plus absolu , le plus despotique qui ait jamais été.
,e Duc d’Orléans se retira , comme il l’avoit promis. L’Héroïne duparti , Mademoiselle , se sauva avec précipitation. Elle s’imaginoit ,qu’on la redoutait trop pour lui laisser la liberté ; elle se trompoit.On la connoissoit trop pour la craindre , & peut-être croïoit-on l’avoirassez punie de lui avoir ordonné, deux ou trois jours auparavant, décé-der le Palais des Thuilleries au Duc d’Anjou.
D e's que le Roi fut arrivé au Louvre , il envoya un ordre écrit defa main au fils de Brouífel Gouverneur de la Bastille , par lequel il luienjoignoit de la remettre au porteur de l’ordre , à peine d’être pendu &étranglé à la porte. II fit d’abord quelque difficulté, sur ce que le Ducd’Orléans lui avoit confié ce poste , & qu’il lui falloit un commande-ment de ce Prince pour l’abandonner ; mais faisant réflexion à quoisa résistance l’exposoit, il obéît. Le Régiment des Gardes , qui avoitamené la Cour, se saisit de la porte de la Conférence & des principauxpostes de Paris. On n’en fût point étonné ; le peuple même approu-va cette précaution. On déclara aussi , que le Roi demeurerait auLouvre. La demeure en effet étoit plus convenable ; ce Châteaucommuniquoit aux Thuilleries & assurait la liberté de sortir de Parisquand on le jugerait à propos. Si on y avoit été du tems des pré-mières barricades, on n’auroit pas été contraint de céder à la fureur du peup-le , & il est bien étonnant , que cette expérience n’eut pas déterminéplûtôt à quitter le Palais-Roïal, où l’on étoit à la discrétion des séditieux.
Le lendemain , vingt-deux d octobre , le Parlement, selon l’ordrequi lui avoit été donné dès la veille , se rendit au Louvre en robesrouges pour y tenir le Lit de justice. Avant que le Roi y vint , on lutla déclaration d’Amnistie , & on opina comme on aurait fait les Cham-bres assemblées. Sur les conclusions du Parquet, les douze prémierssuffrages furent pour la vérification pure & simple ; un ou deux pourtantvouloient excepter les séditions du vint-un juin & du quatre juillet. Ca-mus Pont-carré fut d’avis, que la déclaration étoit trop générale, compre-nant