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Tome second.
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HISTOIRE

I6s2.

Conduite dece Cardinal.

Joli , Tom.

2. â-

Ibid. f, 33.

Jbid.fag. 37

U eftarrêté.

gue, Mr. de Retz prit d’autres voies. On lui proposa l’Ambassade deRome, Emploi convenable à sa Dignité, & où il pouvoit servir utile-ment. II n’ósa pas tout-à-fait rejetter la proposition, mais il porta sesprétentions presqu’auffi haut que le Prince de Condé. II demanda de íìgrandes sommes, de íì grands établissemens pour ses amis, même desGouvernemens de Provinces, qu’il fût aisé de comprendre, que son des-sein étoit de ne point abandonner Paris.

O N' prit le dessein de Parrêter. Comme on vouloit le faire fanséclat, on continua la négociation pour l’amuser. On lui témoigna beau-coup de disposition à le íatisfaire, «mais on ne manqua pas de faire naîtredes difficultés pour se dispenser de conclure. La Princesse Palatine étoitamie de ce Prélat ; elle l’avertit du danger qu’il couroit, & lui dit pourl’intimider d’avantage, que ce qu’il avo.it à craindre pouvoit aller à tout,jusqu’à la mort. II cessa tout d’un coup d’aller au Louvre , il ne sortitplus qu’escorté par des gens armés, il déclara fièrement, qu’il ne quit-teroit point le pavé de Paris. „ Sotte vanité, dit Joli, qui pouvoit ieule„ causer sa perte, puisque c’étoit donner à entendre , qu’il lui reíloit des„ moyens de renouveller les désordres passés Peut-être croïoit-il parces airs de fierté intimider le Mazarin, & l’obliger à lui accorder ses de-mandes excessives. Cette fierté n’étoit plus de saison. On savoit qu’ellen’étoit soutenue d’aucune force , & qu’elle n’avoit aucune ressource. Onle laissa faire, & on ne s’apperçut point de ces hauteurs íì mal en-tendues.

O n lui conseilloit de se mettre en fureté , de se retirer à Mézièresou à Charleville. C’étoit le parti qu’il avoit à prendre, ou plutôt, ildevoit s’humilier aux pieds de son Roi, lui demander grâce , renoncer àla qualité odieuse de Chef de parti, íì opposée à son Etat. II ne fitni P un , ni l’autre, se flattant toujours, qu’on n’ôseroit en venir à aucuneextrémité.

Une conduite íì audacieuse pensa lui coûter la vie. On donna ordrede le prendre mort ou vif. L’Abbé Fouquet, frère du Procureur-géné-ral, se chargea de l’exécution. Son dessein étoit de le surprendre dansquelque partie de plaisir, de l’enlever, & de le mener en quelqu’endroitécarté; de l’y faire égorger, de manière, qu’on ne fût jamais ce qu’il étoitdevenu. Le caractère de cet Abbé, qu’on s’est accordé à dépeindre com-me un homme de la plus noire méchanceté, suffit à peine pour persua-der qu’il ait été capable de ce projet, que Joli lui attribue. La Reineen eut horreur, le Cardinal Mazarin le condamna, & on attendit pa-tiemment , que le Cardinal de Retz donnât dans le piege qu’on luitendoit.

I l y donna enfin le dix-huit de décembre. II alla au Louvre, aprèsavoir pris la précaution de mettre ses papiers en main sûre. II montad’abord chez le Maréchal de Villeroi, qui trompé lui-même , l’avoitassuré, comme bien d’autres, qu’il n’avoit rien à craindre. Aïant sû ,que le Roi sortoit de son appartement pour aller chez la Reine »

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