HISTOIRE
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.m » qu’aïant demandé quelle conduite il tiendroit à l’égard des Anglois, on
lós2. ^1 avoit répondu , de n’approcher de leurs Côtes , que le moins qu’il
lui seroit possible ; mais néanmoins , de ne rien faire , ni souffrir , audésavantage ou à la honte de la Nation. Peut-être vouloit-on essayer, honne pourroit point s’affranchir de la servitude où l’on avoit été jusqu’alors.
Les Hollandois aïant senti, que les Anglois devenus Républicains,n’étoient pas moins fiers que lorsqu’ils avoient un Roi , n’omirent rienpour prévenir les suites de cette rupture. Ils envolèrent à Londres deuxAmbaílàdeurs extraordinaires, & protestèrent que tout ce qui s’étoit faitétoit arrivé à leur insçu & contre leur intention. Le Parlement , loinde s’adoucir, envola ordre à Blaak d’aller surprendre la flotte Hol-ìandoise , qui pêchoit vers les Cotes d Ecosse. Cette flotte fût surprise& ruinée. Une autre Escadre maltraita extrêmement trente vaisseauxmarchands entre Douvres & Calais.
On se brouilla tout-à-fait. Les Etats rappellèrent leurs Ambassadeurs ,& accordèrent des Lettres de répresailles à leurs sujets. De part & d’au-tre, on publia des Manifestes. Les Hollandois difoient , que tous lesPrinces avoient un intérêt commun à réprimer l’audace d’une Nation ,dont les vastes desseins ne se bornoient pas à la ruine de la Hollande ,fur qui elle vouloít acquérir un droit de seigneurie, mais à envahir quel-que jour tous les autres Etats.
O n ne fait pas trop fur quel fondement les Anglois prétendoient s’at-tribuer lEmpire de l’Océan , & en particulier celui de la Manche. Ilsont fait ce qu’ils ont pû pour s’en mettre en possession. Leurs Roisn’épousent pourtant pas la mer , comme le Doge de Venise ; mais quandils feroient cette vaine cérémonie , leurs voisins ne se croiroient pasobligés de reconnoître ce mariage, & les droits qu’ils s’imagineroienty être attachés. Du moins les Vénitiens prétendent , qu’on leur a faitdon en bonne forme de toute la mer Adriatique , & font prêts d’en pro-duire fasse , quand quelque Prince d’Italie aura des Ports , & un as-sez grand nombre de vaisseaux pour la leur disputer. Les Anglois ne sevantent point d’avoir un titre pareil ; leur prétention n’est fondée quesûr.leur puissance. Elle est grande, mais elle ne l’est pas assez pourdonner la loi à leurs voisins ; & il est bien sûr , que les Hollandois neleur ont cédé , que parce qu’ils estiment mieux la sûreté de leur com-merce , qu’un vain titre d’honneur.
On se battit encore une fois cette année. Blaak attaqua à feutréedu pas de Calais la flotte Hollandoife commandée par de With. IIétoit brave , mais il n’entendoit pas assez la mer. D’ailleurs , en cestems - là, les vaisseaux Hollandois étoient beaucoup plus fossiles que ceuxd’Angleterre. De plus cet Amiral n’étoit point aimé , & plusieurs deses Capitaines ne furent que spectateurs de son combat. II y perditquatre vaisseaux , & fût obligé de se retirer avec quelque précipita-tion. Cette guerre , commencée par hazard , fût vive , mais elledura peu. La paix se fit saunée suivante , à condition que la Iíollan-