HISTOIRE
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QuelquesConseillersexilés. Mr.de Belliévreest fait pre-mier Prési-dent.
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finissoit par des termes d’indignation & de menaees. La présence duChancelier n’inspira aucune retenue. Quoique les Gens du Roi eussentrequis renrégistrement pur & simple, il fut arrêté, après bien des cla-meurs & des discours tort échauffés, que la déclaration scroit rendue auProcureur-général ; que Croiffi subiroit Interrogatoire , pour icelui rap-porté , être ordonné ce que de raison.
C e t x e conduite insoutenable fût punie par l’exil de cinq ou six Con-seillers. De plus, ce procès fût ôté au Parlement ; on en chargeaMessieurs de la Poterie & de Lezeau Conseillers d’Etat. Dans cescirconstances , le Cardinal Mazarin exécuta le projet de donner un au-tre Chef au Parlement. Monsieur de Molé , tout à la tòis Garde dessceaux & prémier Président, n’étoit point aimé dans fa Compagnie ,d’ailleurs , il étoit fatigué du double personnage qu’il étoit obligé defaire. En qualité de Garde ^des sceaux , il devoit soutenir les Arrêtsdu Conseil » & comme prémier Président il avoit à défendre les pri-vilèges de fa Compagnie. Ce commencement de rupture , dont il ap-préhenda les suites, le détermina quoiqu’à regret, à quitter le Parle-ment. L’affaire se négocioit depuis le retour du Cardinal. On avoitoffert ce poste au Président de Novion , en considération de ce qu’ilavoit été le prémier à se rendre à Pontoise, lorsque le Parlement yavoit été transféré. Comme Mr. de Molé ne vouloit ceder fa place ,qu’à condition que Champlátreux son fils auroit une charge de Président àMortier, Mr. de Novion résilia Péchange. On s’addressa au Président deBel-lièvre; il accepta la condition, & fût installé le vingt-deux d’avril.
I l eut été difficile de faire un meilleur choix, par rapport à Inexpé-rience & à la capacité . 1 Mr. de Bellièvre étoit l’esprit le plus déliéde son teins. II avoit été emploie dans les Ambassades , & s’en étoitparfaitement-bien acquité; il avoit toûjours brillé dans fa Compagnie ,& s’y étoit conduit de manière, que dans les tems des troubles & desdivisions , il s’y étoit fait aimer & considérer, fans se rendre odieux àla Cour. Ceux qui le connoissoient à fonds , furent pourtant extrême-ment surpris de le voir dans ce poste de confiance , dans un tems ficritique. II avoit été, ou avoit paru le plus grand ennemi du Ministre ;il étoit entré dans toutes les cabales qui s’étoient formées pour leperdre, il en avoit été l’ame. Intimément lié avec le Coadjuteur ,Madame de Chevreuse & les autres Frondeurs, il les avoit aidé de sesconseils, & avoit dirigé leurs projets. II n’avoit point tenu à lui, quedans bien des occasions, on n’eût porté les choses aux dernières extré-mités. En un mot , si on en croit Mr. de Retz , ce Magistrat étoitaprés lui le principal & le plus dangereux Chef de la Fronde. II n’estpas possible , que la Cour eût absolument ignoré ses liaisons & ses dé-marches. II l’est encore moins , que les ayant í'çuës, elle se fût déter-minée à le mettre à la tête d’une Compagnie , qu’il lui importoit sifort de contenir dans les bornes, qu’elle vouloit incessamment passer.II faut donc que ces liaisons n’eussent pas été aussi intimes, les conseils