DE LOUIS XIV. LIV. XVI.
22f
aussi sincères qu’on les croioit, & que ceux qui s’y étoient confiés, eneussent été les dupes. Ce qui est certain, c’ést que le Ministre & le i6f}.
nouveau premier Président vécurent en bonne intelligence, & que íì le Ma-gistrat obtint une partie de ce qu’il demandoit en faveur du Public & de saCompagnie , le Ministre mena aussi le Magistrat à peu près à ce qu’il vouloit.
° De s que Mr. de Bellièvre fût en place, il pensa à accommoder le II termine 1*Parlement avec la Cour. II manda les Gens du Roi, pourqu’ils prissent des dispute,conclusions au sujet des exilés, & de la commission extraordinaire donnée àdeux Conseillers d’Etat. Les conclusions furent fort modérées. On deman-da des remontrances. Le prémier Président les fit avec applaudissement ;on les trouva également pressantes & respectueuses, mais elles furent fanseffet. Le Chancelier répondit, que le Roi n’aïant pû obtenir qu’on luifit justice , malgré tous les ménagemens dont il avoit usé, avoit été obli-gé de se la faire à lui-même, selon le droit incontestable qu’il en avoit.
D’un autre côté , les parens & les amis de Croiffi au désespoir de savoirprécipité entre les mains des Commissaires en voulant alonger les procé-dures , & craignant que le Parlement n’eût du dessous, proposèrent devérifier la déclaration , pourvu que la commission fût révoquée. Ilsétoient même íì alarmés, qu’ils auroient volontiers consenti que le pri-sonnier fût jugé par un autre Parlement.
Ces propositions se firent à Fontainebleau par le prémier Président.qui y étoit allé pour faire les remontrances dont on vient de parler. Al’on retour, il proposa d’envoyer au Roi le Procureur-général. On l’avoitainsi souhaité à Fontainebleau, parce qu’on étoit bien aise que sa Compa-gnie lui eût obligation de cet accommodement. Le Négociateur vit leRoi, il fût renvoyé au Cardinal Mazarin. Ce Ministre le chargea detémoigner au Parlement; qu’il étoit très disposé à le servir , pourvu qu’illui lit quelqu’ouverture, qu’il pût faire valoir auprès du Roi ; par exem-ple , qu’on promît de vérifier la déclaration qu’on avoit refusée. Le butde ces offres , étoit de s’attirer une députation du Parlement, qui fît sen-tir à toute la France & à toute l’Ëurope, que cette Compagnie avoitbesoin de son crédit, & qu’il étoit comme l’Arbitre des différends qu’elleavoit avec le Roi.
On pénétra cette intention du Ministre. On ne la combattit pasdirectement, mais on l’éluda en partie. II fût arrêté, que le Procureur-général retourneroit à Fontainebleau, avec des Commissaires, qui au-roient tout pouvoir de terminer. On n’expliqua point s’ils verroient leCardinal, ou s’ils iroient directement au Roi ; mais après le prononcé,on leur fit entendre, qu’on auroit sujet d’être mécontent, si une affairede cette conséquence ne se terminoit pas faute de quelques civilités ; qu’àla vérité il étoit honteux de les désirer avec empressement , maisqu’il l’étoit encore d’avantage de les refuser avec opiniâtreté. On vit leCardinal, la déclaration fût enrégistrée, la commission fût suppriméeavec toutes les procédures, & l’affaire de Croiffi & de ses complices futrenvoyée au Parlement.
Tom. II. F f
Une