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Tome second.
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HISTOIRE

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NouveauxSurinten-dans des Fi-nances.Talon, vol.8. fart. 2.}ag. I2<j.

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Une des raisons, qui détermina à prendre ce parti, est, que toutce qu’avoient fait les Commissaires étoit nul. Ils n’avoient point signi-fié leur commission ni au Parlement, ni au Greffier , ni au Procurcur-général ; ce qui étoit absolument nécessaire : car la justice ordinaire étantiailie, il falloit une évocation , & ensuite un renvoi, ou un établisse-ment de Commissaires. Ils n’avoient point établi de Procureur du Roide leur commission ; de manière, que Croiffi n’aïant point voulu répon-dre à cause de ce défaut, toute leur procedure avoit été par contumace.Enfin aïant des Lettres écrites en chiffre , qu’ils prétendoient servir à saconviction, ils s’étoient contentés de les lui réprésenter, de les fairedéchiffrer hors de fa présence , sans lui avoir confronté les experts, nifait lecture de leur déposition & de leur déchiffrement, fans quoi la pro-cedure ne pouvoit être légitime. Pour le fonds de l’affaire, elle ne fûtpoint jugée. Après quelques mois de prison, faute de preuves, oupar indulgence , on fe contenta d’ordonner à l’accufé & a ses complicesde sortir du Roïaume.

Le Cardinal Mazarin en arrivant avoit trouvé une place importan-te à remplir. Le Marquis de la Vieuville, Sur-intendant des Finances,étoit mort subitement, le second de janvier. II avoit eu la vanité de fai-re mettre sur les jetions de cette année ces mots Latins ; Urbs anti-Ql.ua resurgit, qui, dans fa pensée, fignifioient ; la Vieuville ressusci-te } quoiqu’on pût auffi les appliquer à la Ville de Paris, à la quelle le re-tour du Roi sembloit avoir donné une nouvelle naissance. La résurrectionne tût pas longue, & la mort du Sur-intendant ôta bientôt l’équivoque.Fouquet, Procureur-général , & Servien lui succédèrent. MenardeauCham pré , Conseiller de la Grand-Chambre , fût fait troisième Directeurdes Finances, avec d’Aligre & Morangis. II avoit rendu de grands ser-vices dans le tems des troubles, & avoit espéré une plus grande récom-pense ; il se contenta de celle-ci. Ces postes des Finances ne font pas lesplus honorables, mais ils font les plus utiles; on n’a jamais vû person-ne en France qui s’y soit appauvri.

L e Cardinal de Lion , frère aine du fameux Richelieu, mourut aucommencement de mars ; il laissa beaucoup de bénéfices. Le CardinalAntoine Barberin eut la charge de Grand Aumônier ; le frère du Ma-réchal de Villeroi eut PArchevêché de Lion, qui, depuis ce tems-là,est devenu comme héréditaire dans cette Maison ; il y a plus de quatre-vint ans qu’elle en jouit. Le Maréchal toute-fois avoit feint beaucoup plusRattachement pour Mazarin, qu’il n’en avoit eu. II avoit été lié intimementavec Cháteau-neuf & les autres Frondeurs, & leur avoit donné, dans des cir-constances critiques, des avis dont ils avoient tiré de grands avantages. Cefût à Poccasion de la distribution de ces bénéfices, dont l’attente avoit rem-pli d’Ecclesiastiques les antichambres du Ministre, que la Reine déclaraqu’elle se repofoit tout-à-fait fur lui de ce foin & de tous les autres.

Quoi-qu’il fûtl’arbitre des grâces, il en avoit tant promis pour sefaire des créatures, pendant ses persécutions, qu’il ne pouvoit suffire à

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