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Tome second.
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DE TOUIS XIV. L I V. X V L

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tout. En particule , il s’étoit engagé à MioíTens & Palluau de les faire ■———Maréchaux de France , à Créqui & Roquelaure de les faire Ducs & Pairs ; 16yz.

il leur en avoit même fait expédier les provisions, mais à condition qu’ils te-iir (es pro-ne les montreroient qu’après son retour & de son consentement. Us messes,le sollicitèrent vivement de leur donner enfin cette permission. Ils luirépréfentoient, que ces Dignités & ces titres leur feroient inutiles s’ilsn’en jouïssoient. II s’en défendoit fur différens prétextes, de crainted être obligé d’essuyer les reproches, ou les demandes de plusieurs au-tres, qu’il n’avoit pas si favorablement traités. Toutes les poursuiteseussent été vaines, si on ne lui avoit fait une espèce de violence. Lefait est des plus singuliers, & montre fur quel pied étoit encore alorsla Noblesse.

U n jour Miossens étant à cheval à la tête des Gendarmes du Roi, On r y c««.rencontra le Cardinal, qui fe faísoit porter en chaise du Louvre au Pa- tràc.lais-Roïal. 11 fit signe aux porteurs d’arrêter. Le Cardinal surpris sor-tit de fa chaise. Miossens descendit de cheval, & le pressa fièrement de ■lui tenir parole & de le déclarer Maréchal de France. Le Cardinal sevoïant le plus foible n’óí'a le refuser ; il exécuta fa promesse deux joursaprès. Les autres profitèrent de cette hardiesse, & furent mis en pos-session des Dignités, dont on avoit acheté ou payé leurs services. Usles méritoient, & le Cardinal fe fit justice en ne prenant point au cri-minel la violence , que son peu de sincérité obligea de lui faire.

C’avoit été un coup de partie que d’arrêter le Cardinal de Retz. Intrigues e*Cet esprit turbulent auroit été capable de ranimer les factions éteintes. ^

11 n’auroitpas manqué de fe réunir au Prince deCondé, aux révoltés de K l r CZi m " 1 eGuienne, & de s’attacher tous les mécontens. Mais tout prisonnier qu’ilétoit, il ne laissoit pas d’être fort redoutable. Ses amis, ou ceux quiavoient établi fur son élévation l’espérance de leur fortune, ne projettoientrien moins , que de bouleverser la France pour le mettre en liberté.

U n’étoit guères possible de lui faire son procès. Joli son principal con-fident avoit eu l’adreste de sauver ses papiers, & de fe sauver lui-même ;ainsi quoique les crimes, si je puis ainsi parler, fussent notoires, onmanquoit de preuves juridiques. D’ailleurs le Pape , qui haïssoit souveraine-ment Mazarin,auroit employé toute son autorité pour arrêter les procédures.

On ne pensa donc point à faire le Procès à ce fameux prisonnier. Onle pouvoit sans doute, & fa Dignité ne l’en auroit pas garanti ; mais dansles circonstances où on fetrouvoit , il ne convenoit pas de fe servir detout son pouvoir. On ne pensa pas non plus à lui disputer son titre deCoadjuteur de Paris. L’Avocat en Parlement qui a fait la vie du Cardinal Tom.pa^.Mazarin , prouve fort au long que le Cardinalat avoit éteint ce titre, &le ? 01 -Roi Majeur pouvoit défaire ce que la Régente avoit fait ; il prouve mê-me que le Cardinal de Retz n’étoit point Cardinal. En ces teins, dontje parle, on n’en favoit pas tant que cet Avocat. Aucune de ces idéesne vinrent à l’esprit, ou si elles y vinrent, elles furent rejettées commeimpratiquables. On s’appliqua uniquement à déconcerter ses projets,

& à l’engager à force de récompenses à donner fa démission.

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