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H I S T O IRE
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Elles n’ontpoint de suc»cès.
Joli, Tarn.
2- T- S 4.
A u s s i - tôt que”ce Cardinal fût arrêté, ses amis s’asTemblèrent chezla Duchesse de Lesdiguières. II fût résolu que l’Abbé Charrier iroit in-cessamment à Rome pour agir auprès du Pape ; que Joli iroit en Bretagnetrouver le Duc de Retz , pour l’exhorter de fe joindre au Prince de Conti& au Comte du Doignon. Le Duc de Brissac promit de fe rendre dansces quartiers pour appuïer les propositions de Joli. On convint ausiì,que l’Abbé de Lamet iroit à Mézières & à Charleville, pour engager leVicomte de Bussi & le Marquis de Noirmoûtier à fe déclarer en faveurdu prisonnier, en traitant avec le Prince de Coudé, & même avec lesEspagnols, s’il étoit nécessaire.
L e Cardinal Mazarin, qui avoit prévû ces intrigues, les avoit dé van-nées. La Duchesse de Retz empêcha son Mari de prendre aucun enga-gement. On la gagna par le moyen de la femme d’un nommé Dolot,que Servien envoya chez cette Duchesse, dès que le Cardinal de Retzfût arrêté. Cette femme écrivoit à un nommé Vincent, autre créaturede Servien , tout ce qui fe trâmoit par Joli. De plus, le Duc de Retz ,qui n’étoit pas entré fort avant dans les intrigues de son frère, n’étoitpas fort porté de lui-même à s’expofer pour le tirer du précipice où ils’étoit jetté. Le Duc de Brissac n’étoit pas beaucoup plus animé ; il n’ar-riva même en Bretagne que six semaines après Joli, qui s’apperçut bien-tôt , malgré ses discours & ses protestations, qu’il n’y avoit pas grandfond à faire fur lui. Tout fe termina à une Lettre que ces deux Ducsécrivirent au Roi, s’imaginant que leur épître feroit beaucoup d’impression;encore eurent-ils si grande peur, qu’ils passèrent trois ou quatre jours àen poser chaque syllabe, & on eût toutes les peines du monde à trou-ver des expressions assez modérées pour rassurer leur timidité.
Apre' s ce grand exploit de reconnoissance, le Duc de Brissac feretira chez lui. Les Députés du Prince de Conti & du Prince de Condé,qui leur offrirent des troupes, de l’argent, & tout ce qui dépendoitd’eux pour les engager à íè déclarer, ne purent les tirer de leur froi-deur. Le Duc de Retz répondit d’une manière si ambiguë, le Duc deBrissac aïant été consulté, fût si long-tems à former son avis, & le don-na d’une manière si peu décisive , que les Envoyés fe retirèrent, persua-dés de l’inutilité de leurs offres. En un mot, dans toute cette Négocia-tion les pare n s & les amis de l’infortuné Cardinal ne cherchèrent qu’àsauver leur honneur. Car dans ces tems, où il restoit encore quelquesvestiges de la liberté Gauloise , c’étoit une honte à la haute Noblesse delaistèr opprimer ses amis & ses parens. A moins que le crime ne fûtatroce & évident, les défendre n’étoit point regardé comme une révolte ;c’étoit même une action glorieuse. Les fentimens ont changé. Le longRègne dont j’écris l’Histoire, a achevé de les détruire ; aujourd’hui la dis-grâce du Souverain est suivie , pour qui que ce soit, d’un abandon géné-ral. Les Peuples sont plus tranquilles ; mais en sont-ils plus fibres & plusheureux, & est-il juste que ce qu’il y a de plus illustre dans un Etat,soit le jouet des caprices & de la mauvaise volonté d’un Ministre ? Cette
Ré-