DE LOUIS XIV. L I V. XVI.
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Réflexion peut servir à justifier en quelque sorte les troubles, dont j’aiparlé, en donnant lieu de les regarder comme les derniers efforts d’unefierté & d’une liberté mourantes.
Q_u o i - que les Ducs de Retz & de Brissac eussent pû former unpuissant parti en Bretagne, & en Poitou, la grande inquiétude du Car-dinal Mazurin avoit été pour Mézières, Charleville & le Mont-Olympe.
Ces Places étoient à portée des Espagnols. Leurs Gouverneurs poussés,auroient pû les leur livrer ; & fans qu’ils en fussent venus à cet excès, ilsauroient extrêmement embarrassé en se mettant sous leur protection, &réunissant a u Prince de Condé. La Duchesse de Chevreuse & le Marquisde Largues surent chargés de gagner Noirmoûtier Gouverneur de Char-leville & du Mont-Olympe, & de l’empêcher de se déclarer pour le Car-dinal de Retz, comme il l’avoit promis souvent, L même publiquement.
Ils y travaillèrent d’autant plus efncacément qu’ils étoient intéressés au suc-cès. Le Marquis de Laigues , ami comme il l’étoit de Noirmoûtier, n’eútpû se dispenser de se jetter dans Charleville, s’il se fût déclaré ; par-là ilse seroit éloigné de Madame de Chevreuse , sans laquelle il ne pouvoitvivre, & auroit perdu la Charge de Capitaine des Gardes du Duc d’An-jou. La Duchesse de Chevreuse craignoit pour elle-même , si Laigues sefut déclaré, parce que leur grande union auroit au-moins fait soupçonnerqu’elle ne se seroit pas servie de tout son pouvoir pour le retenir. Cesgrands intérêts rendirent les sollicitations vives & sincères. Noirmoûtierne pût y résister. II fit au reste toutes les grimaces nécessaires pour sau-ver son honneur, & justifier son ingratitude ; c’ést ainsi qu’on parloit alors.
II témoigna qu’il étoit prêt de se déclarer , pourvû que le Duc de Retz,à qui il convenoit de lui en donner l’exemple, se déclarât le premier. IIdonna quelque jalousie de ses intelligences avec le Prince de Condé ; illui écrivit plusieurs Lettres. 11 dit même qu’il se déclareroit si le prison-nier l’exigeoit expressément ; que sans cela il ne le pouvoit faire, vû lesbruits qui couroient des extrémités où la Cour se porteroit, si ses amis fai-foient en fa saveur quelque démarche- d’éclat.
Cette idée, qu’on en vouloit aux jours du prisonnier, n’étoit as- Incertitudesûrement pas fondée fur le caractère de la Reine & du Ministre. Jus- <ju Cardinalqu’alors on n’avoit rien de semblable à leur reprocher. Elle l’étoit uni- e etz ‘quement sur les raisons, qu’ils avoient de souhaiter d’en être débarras-sés. Elle servit pourtant de prétexte au peu de zèle & à la foiblesse deses amis. Cette fraïeur l’avoit tellement saisi lui - même , qu’elle parois-soit dans toutes les occasions, & le rendort aussi irrésolu, que ceux dontil avoit sujet de se plaindre. Elie alla jusqu’à l’empêcher de se sauver. Joli, Tom.Le Président de Pommereuil & Caumartin avoient gagné du Croisât,
Exempt des Gardes qui comnrandoit dans le Donjon de Vincennes ,moyennant cinquante mille écus, qui dévoient être mis entre les mainsd’une personne sûre jusqu’à inexécution de la promesse. Le succès pa-roissoit infaillible. Le prisonnier s’imagina , que du Croisât étoit de con-cert avec la Cour pour le faire ' ' lorsqu’il se sauverait. Toutes ses
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