DE LOUIS XIV. LIV. XVI. rzf
ditions favorables. Cette réponse rapportée causa une joye pres-qu’uni-verselle ; de tous côtés on se mit à crier, Vive le Roi. Les Ormistes lecachèrent, on prit l’Echarpe blanche, on quitta toutes les marques derébellion. On fit une seconde Assemblée. Le Prince de Conti y paruten Royaliste. II auroit voulu se rendre maître de la Négociation; iln’étoit plus tems. L’inclination à la paix étoit fi vive, qu’aucune consi-dération ne pouvoit 1 arrêter.
On nomma des Députés, ils eurent ordre de traiter pour la Vil-le, & de ne demander pour la famille du Prince de Condé & ses trou-pes que la sûreté pour Palier joindre. La Princesse de Condé , Marcin& l’Ainé s’opposèrent inutilement au torrent. Avant que les Députésfussent partis, le Sécrétaire du Duc de Vendôme vint à Bourdeaux.II fût arrêté , sous prétexte qu’il n’avoit point de passeport ; le peuple lemit en liberté ; il exécuta fa commission, le traité fut conclu bien vite.On convint que les Princes, Princesses , & autres de leur faction sorti-roient de la Ville ; qu’il y auroit Amnistie pour tous les habitans, à l’ex-ception de cinq qui furent nommés ; que leurs privilèges leur feroientrendus , que les Magistrats feroient destitués comme ayant été établispar les factieux, que le Parlement feroit rétabli.
Ces conditions furent reçues avec de grands applaudissemens, &confirmées le trente & un de juillet par l’Assemblée générale. Le mêmejour l’accommodement fût signifié aux Princes & Princesses , & on lesiria de sortir au plûtôt de la Ville. Madame la Princesse , avec son filse Duc d’Enguien , hors d’état de résister, partit le second d’août pour! Ilanquefort, d'où ils furent conduits à l’Esparre avec Marcin & l’Ainé, oùils Rembarquèrent pour aller trouver le Prince de Condé dans les Païs-Bas. Le Prince de Conti avoit eu une conférence avec les Ducs de Vendô-me & de Caudale. La Duchesse de Longueville leur avoit fait parler,ou plûtôt, ils étoient convenus avec la Cour. Tous deux acceptèrentl’Amnistie. Le Prince de Conti fe retira d’abord à Cadillac, peu de joursaprès à Pezenas. Madame de Longueville alla à Montreuïl-Bellay, maisonappartenante à son Mari. Les conditions de leur accommodement, fur-toutde celui du Prince, ne s’exécutèrent que cinq ou six mois après ; fans dou-te pour faire croire que ce n’étoit que peu-à-peu & par nécessité , qu’il s’é-toit réuni au Ministre aussi étroitement qu’il le fit alors.
Le lendemain du départ des Chefs de la révolte, les Ducs de Ven-dôme & de Caudale firent leur entrée dans Bourdeaux. Ils reçurent aunom du Roi le serment de tous les habitans. La soumission fût sincère ;elle n’a pas été interrompue depuis. On ne pensa plus qu’à goûter les
douceurs de la paix , & à marquer par son zèle pour le service du
Roi la vive reconnoissance qu’on avoit du pardon, qu’il avoit ac-cordé avec tant de facilité. Ces sentimens ne s’affoiblirent point par
les modifications, que la Cour jugea à propos de mettre au Traité enle ratifiant. II étoit ordonné, que le Château Trompette feroit inces-samment rétabli ; ceux du Parlement qui n’avoient point obéi à la
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