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Tome second.
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HISTOIRE

l6sZ.

Idée du restede cetteHistoire.

Réflexionsstir cette pre-mière Partie

translation qui s’en étoit faite à Agen eurent ordre, aussi bien que ceuxqui s’y étoient rendus, de s’assembler à la Réole, & d’y administrer la jus-tice , jusqu’à ce qu’il plut au Roi de les renvoyer à Bourdeaux.

I l ne reítoit plus que Perigueux à soumettre. On sc préparoit àl’assiéger > mais 011 n’en eût pas la peine. Les habitans prirent les armes,se rendirent maîtres de la garnison , tuèrent Chanclos, qui en étoit Gou-verneur, & ouvrirent leurs portes au Duc de Candale , qui s’étoit appro-ché pour les soutenir. Tandis qu’on négocioit la réduction de Bour-deaux , une flotte d’Espagne parut sur les côtes. Les passages furent fìbien gardés, que les mutins ignorèrent que le secours, qu’ils attendoient,fût fl proche. Dès que cette Ville fût rentrée dans son devoir, le Ducde Vendôme fit voile vers Blase pour combattre les Espagnols. Ils nel’attendirent pas, & se retirèrent pour ne plus revenir. La soûmissionde la Guyenne termina la guerre civile. La France ne fût plus divisée.Nous la verrons bientôt reprendre ses forces, ses réunir contre ses en-nemis , & reprendre avec usure les conquêtes, que la rébellion leur avoitdonné occaíion de faire.

Ces cinq ou six années de troubles & de divisions intérieures vontêtre suivies du Gouvernement le plus tranquille au-dedans, & le plus ab-solu qui fût jamais. On verra Louis quatorze, presque jusqu’à son der-nier soupir, faire tout ce qu’il voulut. Personne ne lui a résisté. Sespeuples, frappés de ses grands exploits, se sont laissés épuiser pour con-tribuer aux dépenses dans lesquelles il s’engageoit. On 1 e verra bannirune multitude innombrable de ses sujets avec autant de facilité, qu’onbanniroit ailleurs un seul coupable, & sc priver des secours abondansqu’il pouvoit en tirer, fans craindre les suites dangereuses du méconten-tement qu’il causoit. Toûjours en guerre, presque toûjours victorieux ,fa gloire à coûté à l’Europe des ruisseaux de sang, & à ses peuples destorrens de larmes, que les pertes qu’ils souffraient dans la nature oudans les biens, les a forcés de répandre. La Flatterie a tenté de se démas-quer entièrement sous son règne; elle s’éfforcoit de l’obseder , si je puisparler ainsi, jusqu’au pied des Autels, & peut-être ceux qui étoient leplus obligés de l’en garantir, ont-ils été les plus dangereux & les plus cou-pables de ses flatteurs. II n’a point connu tous les maux qu’il a faits. On luia réprésenté les plus grand vices, ces vices qui désolent la société, quichangent les sujets en esclaves, comme les vertus les plus sublimes, & ils’est cru le plus grand des Rois, parce qu’il s’est vû également redouté deses voisins & de ses peuples. C’ést-là l’idée abrégée des autres parties decette Histoire. Avant que d’y entrer, je crois qu’il est à propos de fairequelques réflexions fur ce qu’on a vû jusqu’à présent.

II est bien étonnant qu’en France le Testament d’un Roi soit moinsrespecté que celui d’un dernier de ses sujets. Louis treize ordonne qu’a-près fa mort son Etat soit gouverné jusqu’à la Majorité de son successeur ,par un Conseil, dont la Reine son Epouse soit le Chef ; il veut que lapaix, la guerre, la distribution des grâces, des Emplois s’y fassent à la

plura-