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Tome second.
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DE LOUIS XIV. L I V. XVII. 247

prise. Après avoir resté quelques jours aux environs de cette Place,ils retournèrent fur leurs pas, & allèrent camper à Caulincourt, à unelieue de l’Abbaïe de Vermand , & à deux de St. Quentin.

L’Armee de France décampa auíli en même teins. Elle passa laSomme à Peronne, & s’avanqa à une lieuë de Ham, toujours dans ledessein d’inquiéter l’ennemi dans les entreprises. Cette marche fût har-die , & savante, li je puis m’exprimer de la forte. Peronne , par où P Ar-mée défila, est fort longue, & elle n’a qu'un pont fur la Somme ; ilétoit impossible, que les bagages & l’arrière-garde n’arrivassent au poste,où on vouloit aller, long-tems après l’avant-garde. Cette difficulté n’ar-réta point le Vicomte. La distance où étoit l’ennemi, l’empécha decraindre, qu’il ne vint tomber fur son arrière-garde, avant qu’elle fùt ensûreté, & il se persuada , yu’on le croirait avec toute son Armée au poste,qu’il alla occuper avec sa seule avant-garde. ,, Cela arriva en effet, dit „le Duc d’Yorck dans ses Mémoires, comme Monsieur de Turenne l’a- „volt assuré à ceux, qui lui représentoient les inconvéniens de fa mar- „ehe , en leur répondant, qu’étant couvert de la Somme, les partis en- „nemis ne pourraient découvrir fa situation & en rendre compte que „par les feux, dont le nombre ne leur laisserait aucun doute que tou- „te l’Armée ne fùt ensemble. Ausiî, continue ce Prince , faut - il lui „rendre cette justice , que jamais Général ne prit dans les marches de „plus justes mesures, & ne pénétra mieux dans les desseins de l’enne- „mi". Du reste, cette marche si bien concertée, contribua autant àempêcher le siège de Guise , que la diligence de Mr. de L eau j eu. Onse contenta d’avoir déconcerté les desseins de l’ennemi, & on se tint sibien sur ses gardes, que le Prince de Condé n’eut plus sujet de repro-cher , qu’on l’empêchoit de vaincre.

L’i n utilité' de cette Armée si supérieure, mit de mauvaise hu-meur les Généraux qui la commandoient. L’Archiduc Léopold fùt obli-gé de s’y rendre , afin d’y rétablir l’union. Le cérémonial avoit été régléavant son arrivée. La Cour de Madrid avoit décidé , que lesMeux Princesse traiteraient d’égaux , & qu’ils se donneraient la main l’un chez l’autre ;on avoit même envoïé une table où tous les jours des mois étoient mar-qués avec 4 e mot pour chaque jour, & le Comte de Fuensaldagne por-toit cet ordre aux deux Princes de la part de son Souverain. La ferme-té du Prince de Condé , dont les disgrâces, & le besoin qu’il avoit deprotection, n’avoient point diminué la juste idée qu’il avoit de son rang,contraignit la Maison d’Autriche à céder à ses prétentions.

Apres bien des Conseils, voïant les Places d'Artois & de Picardietrop bien garnies, & P Armée Françoise à portée de les secourir, on se dé-termina au siège de Rocroi. On décampa le prémier de septembre ; onfit un gros détachement de cavalerie pour investir cette Place, & empê-cher qu’on n’y jettát du secours. L’ordre précis, qu’on avoit duRoid’Es-pagne d’avoir pour le Prince de Condé tous les ménagemens possibles, dé-termina l’Archiduc & le Comte de Fuensaldagne à faire cette conquête,qui devoit lui appartenir. L a

iùfLSon habileté.

Turenne ,tom. 4. pag.

n;.

Siège de Ro-croi par lesennemis.