HISTOIRE
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Siège deJVloiizonparles François.
Détail de cesiège.Turenne ,tom. j. pag.2 ? 2 .
ìbid. tom. 4.pag. 520.Montglat ,tom, 4. p. 27.
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La situation deRocroi ne permettant pas de la secourir, sans avoirune Armée du moins égale à celle qui en faisoit le siège, le Vicomte deTurenne ne demeura point oisif ; il passa l’Oise à la Fere , & arriva leneuf de septembre à une lieuë de Alouzon. Cette Ville appartenoit anPrince de Coudé. Elle est située sur la Meuse entre Stenai & Sédan ;elle a un pont couvert d’un ouvrage - à - cornes ; elle est fortifiée d’unebonne muraille flanquée de tours toutes fort grosses, & celle qui estdu côté de la montagne l’est plus que toutes les autres ; elle a un trèsbon fossé, sec, pallilàdé dans le milieu; le côté extérieur est revêtu depierres de taille ; le côté de la Ville le plus éloigné de la rivière étantcommandé d’une montagne, est défendu d’une enveloppe de trois ouquatre bastions & d’un demi-bastion ; des deux côtés jufqu’à la rivièreil y a plusieurs demi-lunes & autres dehors.
Le Gouverneur étoit un vieux Colonel Allemand nommé "Wolf,homme d’expérience & fort brave. Sa garnison étoit de quinze censhommes de pied & de deux ou trois cent chevaux ; il en fit bon usage,& se défendit presqu’auffi vigoureusement qu’il fût attaqué. Dès le len-demain qu’on fût arrivé, on passa la rivière, au dessous de la Ville ; lacavalerie de Mr. de Turenne s’étendit fur une ligne, depuis la rivièrejufqu’au haut de la montagne, & lui - même avec son infanterie & sesGendarmes campa dans une petite vallée ; à demi portée de Canon, &dans un vallon encore plus étroit, & plus près de la Ville, il posta deuxRégimens d’infanterie. Le Maréchal de la Ferté commença lès appro-ches en même tems, mais le terrein n’étant pas apparemment si favo-rable, il se posta un peu plus loin de la Place. On ne fit point decirconvallation ; l’Armée d’Efpagne occupée au siège de Rocroi dispensade prendre ces précautions. La nuit du dix au onze de septembre onouvrit la tranchée, & on éleva, une batterie de cinq ou six pièces decanon. Le douze , on emporta l’ouvrage - à - cornes, qui couvroit latête du pont. Les travaux furent poussés avec tant de succès , quele lendemain on arriva jusqu’au bord des fossés des dehors, & on at-tacha le mineur à la face du demi-bastion de l’enveloppe ; les enne-mis l’abandonnèrent le soir même, & se réservèrent pour la défense duCorps de la Place.
L a soûmiffion de la Guienne donna la liberté de retirer une partiedes troupes qui y avoient servi. Dix Compagnies du Régiment desGardes vinrent joindre le Vicomte de Turenne devant Alouzon, sousla conduite de Air. de Vautourneux. Suivant leur privilège, elles mon-tèrent la tranchée dès que le Régiment de Picardie , qui y étoit lors-qu’elles arrivèrent, en fût sorti. Dans ces teins - là différens Corpsavoient des usages, ou des droits extrêmement embarraíìàns, & qui
L ouvoient nuire au service. Monsieur de Castelnau , qui étoit le seulieutenant - Général dans l’Armée , voulut commander ces dix Compa-gnies ; elles refusèrent de lui obéir, & prétendirent, qu’elles ne pou-voient être commandées que par le Général. Mr. de Turenne , Infor-