DE LOUIS XIV. LIV. XVII. 249
nié de cette contestation, tâcha de l’appaiser. Vautourneux ne voulutpoint céder. II fallut que le Lieutenant-général se retirât, & que le Vi-comte demeurât à sa place. Ces troupes, fières de l’espèce de victoirequ’elles venoient de remporter , & animées par la présence du Général,avancèrent extrêmement les travaux. Elles firent, non - seulement uneblinde le long du fossé de l’enveloppe par le moyen des palissades qu’el-les y trouvèrent, mais elles y firent encore un logement, depuis Ten-drait où le fossé de Tenveloppe se joignoit à celui de la Ville, julqu’àune demi-lune, qui incommodoit beaucoup. Cette contestation fût dé-cidée, comme elle devoit Pêtre, en faveur du Lieutenant - Général, &dans la fuite, Louis quatorze , par son Code Militaire, anéantit toutesces prétentions, qui pouvoient déranger le service, & ne conserva quecelles, qui entretenoient une utile émulation.
Les travaux jufqu’alors avoient avancé promptement & heureuse-ment. II tf en fût pas de même à la descente du fossé ; on y trouva beau-coup plus de difficulté qu’on n’avoit prévu. On fit un logement contreles palissades, qui le barraient. On croioit savoir perfectionné, mais lesennemis y firent tomber une pluie de feux d’artifìces & de feux ordinai-res si continuelle, qu’il fût impossible d’y tenir. On s’attacha à faireréussir ce logement ; on y employa inutilement deux nuits. Les assiégésne s'oppoioient point au travail, mais quand il étoit achevé, ils jettoienttant de feux d’artifice & de matières combustibles, qu’ils le ruinoient.On essaïa un autre expédient. On poussa une tranchée, mâis elle fetrouva exposée au feu d’un canon, qui tirait d’un flanc fi bas qu’on nepût le démonter ; & dès qu’il fût jour , ce canon ruina toutes les blin-des qu’on avoit faites.
I l fallut revenir à la méthode ordinaire. On creusa un puits dansle logement, qu’on avoit fait dans le fossé de la demi-lune, atìn de pé-nétrer dans le fossé de la Ville. On y travailla avec toute l’ardeur ima-ginable. Déjà on avoit les madriers à l’épreuve dufeu contre la muraille,déjà le Mineur y étoit attaché , mais les ennemis s’avifèrent d’une nou-velle invention. Ils attachèrent une bombe à une chaîne ; ils la firentdescendre contre les madriers ; le feu y prit si à propos, qu’elle les fittous sauter ; ils jettèrent ensuite une si grande quantité de feux , que leMineur fût brûlé.
A u même-tems, qu’on avoit commencé à creuser le puits dans lefossé de la demi-lune, on avoit attaché le Mineur au pied de la plusgrosse tour. Son travail fût plus heureux, il fe logea ; mais avant queses chambres fussent perfectionnées, il fit avertir qu’il entendoit contre-miner, & qu’on ferait à lui avant qu’il eût achevé. II eût ordre demettre quelques barils de poudre dans le trou, qu’il avoit fait, & de leboucher du mieux qu’il lui ferait possible. On y mit le feu , les Contre-mineurs ennemis furent tués. Le mineur fût renvoyé au même lieu.L’espèce de mine, qu’on avoit fait jouer, donna la facilité de se fairegarder par un Sergent & dix soldats. On ouvrit ensuite le puits, qu’on
Tom. II. I i avoit
iûn.
Belle défea-se desAlfiégés.