HISTOIRE
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Conduite deÁlr. de lu-ronne pen-dant ce liège.
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avoit creusé au niveau du fond du fossé de la Place ; fa profondeur lemettoit à couvert du canon & de la mousqueterie , & on ne craignoitque les grenades. A peine fût-il découvert, que les assiégés roulèrent duhaut des murailles, le long de deux pièces de bois qu’ils avoient atta-chées ensemble, une bombe, qui tomba dans l’ouverture du puits, tuaceux qui y travailloient , & ébranla si fort le logement qui étoit
au-dessus, qu’on le crut renversé. 11s continuèrent de tirer dessus , &de jetter des grenades & des bombes de tems en tems , mais aucune n’atl-dréssa si juste que la prémìère. Malgré tout ce qu’ils purent faire, onpoussa la tranchée jufqu’aux pallissades. Ils jettèrent une si grande quan-tité de feux , qu’on fût obligé de couvrir le puits avec de la terre & desfascines pour la sûreté des Travailleurs. Au pied de la pallissade, on fût obligéde fe cacher fous terre; enfin on attacha le Mineur au Corps de la Place.
D u côté du Maréchal de la Ferté on ne fût pas d’abord plus heu-reux , & les assiégés fe défendirent avec autant de succès ; l’attaque ce-pendant avança si fort, que la mine fe trouva prête le vingt-six ; on lafit sauter. L’intention avoit été de renverser la muraille & une partiede la tour ; quand la fumée fût dissipée on vit que la tour étoit entière.Le Maréchal de la Ferté se mit dans une colère terrible- II ménaçal’Ingénieur, qui avoit conduit cette attaque , comme si on étoit maîtrede diriger à son gré les opérations d’une mine. Six coups de canon ,tirés à la fois contre la tour ébranlée, en firent tomber une partie, &tirèrent l’Ingénieur d’inquiétude. Ceux qui fervoient à l’attaque de Mr.de Turenne n’avoient point d’emportemens à essuïer, & de mauvais trai-temens à craindre ; il voïoit leurs fautes, mais persuadé qu’ils emploienttout leur savoir , loin de les intimider il les encourageoit.
L a brèche s’étant trouvée bonne, on y fit un logement. Le Gou-verneur pressé également des deux côtés battit la chamade, après dix-fept jours de tranchée ouverte. L’envie qu’on avoit de prendre cettePlace, avant que les Espagnols fussent venu à bout de Rocroi, fit accorderà la garnison les conditions les plus honorables ; on eut la satisfactionqu’on fouhaitoit. Quoique Rocroi n’eût que cinq cens hommes de gar-nison , il ne se rendit que le dernier de septembre. Le Vicomte deTurenne dût ce prompt succès à ses foins. II vit tout par lui-même ;il alla reconnoître de fort près la Place ; il marqua l’endroit où il falloitouvrir la tranchée ; il la fit commencer en fa présence ; il ordonnade quel côté il la falloit pousser ; il la visita régulièrement le soir & lematin , le jour pour régler ce qu’on feroit pendant la nuit, le matinpour voir si ses ordres avoient été suivis ; il y retournoit pour la secon-de fois après souper, & y demeurait plus ou moins, selon que sa pré-sence y étoit nécessaire. II n’avoit aucun Ingénieur, qui dirigeât lestravaux de son attaque, & quand bien même il en auroit eû, il nes’en feroit servi que comme d’Inspecteurs. II avoit pour maxime , qu’unGénéral ne doit jamais se reposer entièrement sur quelque Ingénieur quece puisse être de la conduite de la tranchée, parce qu’il n’est pas rai-sonna-