DE LOUIS XIV. LIV. XVII. an
d’Espagne. Ces offres furent écoutées , & causèrent du moins quelqueirrésolution. On comprit à la Cour de France, qu’il n’y avoit qu’unepuissante Armée qui pût conserver cet Allié. On se hâta de lui envoyerdes troupes, fous les ordres du Maréchal de Grancei.
De s qu’il fût arrivé, les choses changèrent de face. Le Marquisde Caracène, fortifié par les secours qu’il avoit reçû de Naples & de Si-cile , avoit formé le dessein de surprendre les troupes Françoises & Pié-montoises. Déjà il avoit passé le Tanare , & travailloit à faire des retran-chemens à la tête du Pont. Le Maréchal de Grancei vint au devant delui, dans l’intention de combattre son Avant-garde , avant que l’Arrière-garde fût passée. Le te ms qu’il perdit à attendre son artillerie lui fit man-quer cette occasion. II trouva toute l’Armée d’Espagne réunie, maisdans un terrein fort serré. 11 profita de cet avantage. Les Marquis deMontpezat & de Vardes, ses Lieutenans - généraux, commandèrent lesdeux Ailes, & lui même se mit au Corps de bataille. Le combat fûtrude & opiniâtre, on combattit par détachemens. Les Suisses se dis-tinguèrent fort ; ils 1e servirent des boutons d’étain qu’ils avoient à leurshabits, parce qu’ils avoient emploie toutes leurs balles. Enfin les Es-pagnols repassèrent la rivière en désordre, & laissèrent neuf cens hom-mes fur le champ de battaille, fans compter grand nombre de blessés& de prisonniers. Cette action se passa le vingt-trois de septembre. LeMarquis de Caracène fût blessé , son neveu fût tué,de même que le Gé-néral de fa cavalerie.
Cette victoire affermit le Duc de Savoye dans le parti de la Fran-ce. On passa la Sesia ; on pénétra dans le Milanez ; on y attaqua le Châ-teau de Carpignano , qu’on emporta en cinq ou six heures. Cette priseassura de bons quartiers d’hiver, donna l’entrée dans le Novarrois, où l’ontrouva des fourrages en abondance.
Les Armées de Guyenne, de Flandre , de Piedmont ne permirentpas d’avoir des forces considérables en Catalogne. Le Marquis du Pseífis-Bellière , qui y commandoit depuis la prise de Barcelonne , dégagea pour-tant Rozes que les Espagnols tenoient bloquée , & dont ils se préparoient àfaire le siège. II passa le Col de Pertuis fans y trouver aucune résistance;il prit la Tour de Jonquières. Dès qu’il eût passé les Pyrénées, l’enne-mi abandonna les Forts qu’il avoit construits devant cette Place. LeMarquis de la Fare, qui en étoit Gouverneur, les fit raser. Sur cettenouvelle, la petite Armée, pour s’assûrer du Lampourdan , assiégea Caf-tillon d’Ampouilles. La tranchée fût ouverte le vingt & un de juin ; lagarnison capitula le cinq du mois suivant, & fût conduite à Fontarabiepar le Languedoc & la Guyenne. On fit raser cette Place faute de troupespour la garder.
Les Espagnols, plus foibles encore que les François, se retirèrentà Gironne, au nombre de quatre mille hommes. Bellière profita de cettefaute. II pensa que ces troupes auroient bientôt consumé les vivres , &qu’il seroit aisé de les affamer ; il se saisit des passages, & fit avertir de fa
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Les Espa-gnols battusà la Roquet-te.
Quiná , tom.
upag. iy6.Montglat ,
tom. 4. p. 14.
Campagnede Catalo-gne.