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Tome second.
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DE LOUIS XIV. LIV. XVII. arff

assemblé à sept heures du matin , trois heures après la mort de l’Ar- •_chevêque. Le Doyen , qui jusques-là avoit été contraire au Cardinal deRetz, lui fût favorable en cette occasion. II décida , qu’il n’y avoitaucun lieu de douter que ce Cardinal ne fût leur véritable Archevê-que , quoiqu’il n’eût pas prêté le ferment de fidélité. II traita ce ser-ment de formalité séculière , à laquelle l’Eglife ne devoit pas s’arrêter.Le reste du Chapitre fût du même avis. Le Sieur de Labour, porteurde la procuration du Prélat prisonnier, fût introduit fur le champ , &mis en possession avec la folemnité & les cérémonies requises. A dix heu-res du matin , le Tellier Sécrétasse d’Etat alla de la part du Roi chez leDoyen pour faire assembler le Chapitre , & l’obliger de prendre le Gou-vernement spirituel de l’Archevêché , comme vacant en régale à fau-te du serment de fidélité.

L e soir même le Chapitre alla au Louvre pour faire ses remontran-ces. Le Chancelier fans leur donner le tems de parler , leur reprocha,qu’ils avoient été bien vite ; qu’ils avoient fait tort aux droits du Roi,lequel ne reconnoissoit point le Cardinal de Retz pour Archevêque deParis. Le Prince , lui-méme , dit qu'il nommeroit des Oeconomes pourle temporel, & qu’il leur enjoignoit de nommer un ou plusieurs GrandsVicaires pour le spirituel. Le Chancelier mit entre leurs mains un Ar-rêt du Conseil conforme à ce qu’ils venoient d’entendre. Cet Arrêt fûtrapporté trois jours après au Chapitre. On n’y eut point d’égard. Toutce qu’on avoit fait au contraire fût confirmé. On fit plus ; on recon-nut les Sieurs Chevalier & l’Avocat pour Grands Vicaires fur les let-tres qu’ils présentèrent signées du Cardinal de Retz. Elles avoient étéfabriquées par les Auteurs de la procuration.

Les deux Ecclésiastiques commencèrent à gouverner en ordonnantdes prières publiques , avec l’expositioti du St. Sacrement pour de-mander à Dieu la liberté de leur Archevêque. Les Chapitres & lesCurés entrèrent dans ces fentimens , & firent entendre , qu’ils obéï-roient en tout aux Grands Vicaires , jusqu’à fermer leurs Eglises, s’ilsl’ordonnoient. Le peuple commenqoit à murmurer & à prendre feufur la Religion. Les amis de Mr. le Prince s’efforçoient de l’animer.On disoit hautement , que c’étoit mettre la main à l’encenfoir, & quecette conduite ressembloit fort à celle de Henri huit Roi d’Angleterre.Le Nonce promettoit d’appuïer fortement les Curés & les Grands Vi-caires. Le Président de Bellièvre donnoit lieu d’espérer que le Parle-ment ne leur seroit pas contraire. On en feroit sûrement venu jusqu’àl’interdit , si le Cardinal de Retz avoit tenu ferme. II le promettoit ;mais ce qui fe passoit dans l'on esprit étoit bien différent de ce qu’il écri-voit. L’impatience , le chagrin , & plus que tout cela, la crainte desentreprises violentes qu’on pouvoit taire contre fa personne , le déter-minèrent à détruire tout ce que ses amis avoient fait pour lui ; quoi-qu’il ne fût question que d’attendre íèpt à huit jours au plus.

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