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Tome second.
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DE LOUIS XIV. LIV. XVII. 267

Ministre souhaitait de lui. A peine fût-il entré en matière qu’il vit, que le > » ■■■

prisonnier était encore plus déterminé à céder qu’011 ne le lui avoit dit, 1

& qu’il se seroit contenté à beaucoup moins qu’onl ne lui avoit offert.

La conférence ne fût pas longue , il ne fût question que de rédiger lesarticles dont on était convenu.

I. Qu’on dresseroit deux expéditions de la démission de l’Archevêché ,dont Tune demeurerait entre les mains du prémier Préildent, l’autre seroitenvoyée en Cour de Rome pour avoir l’agrément du Pape.

II. Qu’e n attendant cet agrément ou cette acceptation de Rome, leCardinal de Retz seroit mis entre les mains du Maréchal de la Meiíle-raïe son Allié, qui le conduirait au Château de Nantes , avec la liber-té d’y recevoir des visites de ses amis.

III . Que le Maréchal s’obligeroit en parole d’honneur & par écritde le mettre en liberté aussitôt que la démission seroit admise en Courde Rome , & de ne point souffrir sops aucun prétexte qu’il fût trans-féré ailleurs.

E n exécution du prémier article , deux! Notaires , que le prémierPrésident avoit amenés à tout hazard , dressèrent deux minutes de ladémission. Le prisonnier les signa toutes deux. On se hâta de lui tenirla parole , qu’on lui avoit donnée , de le tirer de Vincennes. Le tren-tième mars il fût conduit à Nantes avec une escorte de trois cent che-vaux & de cent cinquante fusiliers. Le Maréchal de la Meilleraïe enusa parfaitement bien. A la vigilance près , dont il le faisoit garder ,il n’est point d’honnêtetés & de politesses qu’il ne lui fît, point de plai-sir & d amusement qu’il 11e lui procurât.

C’e's t Joli qui raconte les choses que je viens d’écrire. Air. de Retz tom. 2. pag.dans lès Mémoires parle tout autrement. II prétend n’avoir donné fa so- t«m .,.démission que pour se tirer de Vincennes, & se dérober aux violen- P a &- }0 °'ces qu’il avoit à y craindre. 11 fait íàire au prémier Président le Personna-ge d’un homme de beaucoup d’efprit , mais d’une duplicité , & si je

S uis le dire , d’une méchanceté achevée. „ Jul'qu’ici. fait - il dire à celagistrat , je vous ai parlé comme Ambassadeur de bonne foi, je »vais commencer à me mocquer du Sicilien, qui est assez sot pour „

réemployer dans cette négociation. La plúpart de vos amis sont

persuadés , que vous n’avez qu’à tenir ferme, & que la Cour vous »

rendra la liberté , & se contentera de se défaire de vous en vous envolant „

à Rome. Abus, elle veut absolument votre démission. Mazarin est le *seul qui veuille votre liberté, parce qu’il croît qu’il se vange suffisam- „ment en vous faisant perdre l’Archevêché de Paris. Ce n’est pas en- „core ce qui le détermine ; c’ést la peur qu’il a dans ce moment du „

Nonce , du Chapitre, des Curés , du Peuple. Tout cela ne produi- „

ra rien pour vous, & ce qui en arrivera fera d’être transféré au „

Havre ou à Brest , & de demeurer à la discrétion de vos ennemis , „qui eu useront dans la fuite comme il leur plaira. Vous croyez que „

la conclusion , que je veux tirer , fera qu’il faut que vous donniez „

L 1 2 „ votre