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Tome second.
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HISTOIRE

I6s4-

II sortdeVin-cer.r es & estconduit aucháuau deNantes.

Histoire âttCardinalJríazarin ,tom. 2 . pag.

îie.

„ votre de'miffion ; nullement. Je fuis venu ici pour vous dire que vous,3 étés déshonoré si vous la donnez. Mais ir vous pouviez avoir votre33 liberté pour une feuille de chêne , confentiriez-vous à l’accepter ? Une,3 démission datée du Château de Vincennes peut-elle être bonne „ ?

L e Cardinal Mazarin ne comptoit pas que la démission fût suffisan-te ; il vouloit des cautions , qui répondissent, que Mr. de Retz la ra-tifieroit dès qu’elle auroit été acceptée à Rome , & qu’il feroit en li-berté. Le premier Président s’offrit de lever cette difficulté. „ Je laj, disputerai, dit-il, avéc opiniâtreté contre vous, vous la refuserez avec33 fermeté ; & nous ferons venir le Sicilien à un autre expédient “. IIsortit de Vincennes les larmes aux yeux , en disant à quelqu’un, qu’ilsavoit devoir rapporter ce qu’il entendrait; „ Je trouve une opiniâtre-33 té invincible , je suis au désespoir , ce n’est pas l’Archevêché qui le„ tient 3 il ne s’en soucie plus ; mais il croit que son honneur est blessé,3 par les propositions qu’on lui fait de cautions, de garantie. le neveux plus me mêler de tout ceci, il n’y a rien à faire ".

Ce Négociateur infidèle défendit encore Mr. de Retz d’un piègequ’on lui avoit tendu. Le Maréchal de la Meilleraïe , avant que des’en charger, devoit lui demander fa parole qu’il ne se sauverait pas ; illa lui demanda en effet lorsqu’il alla le tirer de Vincennes. Le Prélataverti , répondit , que les prisonniers de guerre donnoient des paroles ,mais que jamais on n’en avoit exigé des prisonniers d’Etat. Le Maré-chal répliqua , qu’il ne se chargerait donc pas de lui, & parut prêt à s’enretourner. Le prémier Président, qui savoit que la Reine avoit fait pro-mettre au Maréchal, qu’il feroit toujours garder à vue le prisonnier qu’onlui confioit, appaisa la contestation. „ Mr. le Cardinal, dit-il, ne re-„ fuse pas de vous donner fa parole, si vous voulez vous y fier absolu-„ ment ; mais si vous le gardez , Monsieur, à quoi vous servirait cette3, parole ? car tout homme que l’on garde en est quitte “.

A moins que Joli n’ait écrit précisément pour blâmer Mr. de Retz,il est visible que le dernier n’a eu en vue que de se justifier des re-proches , qu’on avoit à lui faire fur son impatience à supporter la prison.Bailleurs, s’accorde -1 - il avec lui-même, lorsqu’il se tait dire par Mr.de Bellièvre de ne point donner sa démission , & cependant de la donner ?Pour la parole donnée à Mr.de la Meilleraïe, quantité d’Ecrivains dé-posent qu’elle étoit réelle. L’Auteur de la Vie du Cardinal Mazarin ditpositivement, que Mr. de Retz embrassa ce Maréchal, & lui dit ; Mmcher Ami , sauvez moi la vie N /’honneur , il ri’est point de parole que je nevous donne. Ce qui paraît probable ; c’ést que la prison dompta cet es-prit fier, qu’il donna sincèrement sa démission , qu’il souhaita ardemmentqu’elle eût son effet, qu’il ne pensa à la révoquer & à se sauver de Nan-tes que par les conseils de Joli- & de Caumartin, qui ne souhaitoientque le trouble & la confusion ; que la meilleure & Punique précaution àprendre étoit d’éloigner de lui ces Conseillers dangereux. 11 falloit quele Ministre fût bien peu au fait pour la négliger.

Peu