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Tome second.
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DE LOUIS XIV. LIV. XVII. 269

k e u de teins après que Mr. de Retz fût arrivé à Nantes, Caumartins’y rendit. Joli qui étoit encore àMachecoul chez le Duc de Retz, n’y ióyq.vint que trois semaines après. Ils concertèrent la manière dont ils seconduiroient avec le Cardinal pour le disposer à suivre les conseils qu’ilsavoient à lui donner. Vain comme il étoit, ils se donnèrent bien de gar-de de rien dire, qui pût lui faire de la peine. En parlant de sa prison,ilsdisoient, quel’intérêt de ses amis en avoit été cauíè ; qu’il s’étoit sacri-fié pour eux , & qu’ils n’avoient rien voulu faire pour lui. Sur fa dé-mission , ils convenoient, qu’il avoit bien fait de la donner pour se tirerdu lieu & du péril où il étoit ; qu’après tout ils étoient persuadés, quela condescendance de la Cour n’étoit venue que de la nécessité, où elleavoit crû être d’arrêter les prémiers mouvemens du Peuple & du Clergé ,

&'que le Ministre ne manqueroit pas de trouver des prétextes, pour letirer de l’espèce d’azile, qu’il lui avoit accordé, & le mettre dans uneprison moins douce , & dont il seroit le maître.

Ces discours firent tant d’impression fur l’esprit du Cardinal , qu’il On le déterconvint avec eux de se sauver de sa nouvelle prison, quand ils jugeroient ™ ins à sequ’il en seroit tems, ou lorsque la Cour penléroit à le transférer ailleurs. t,uver *

Joli prit fur lui l’exécution & les mesures qu’il y avoit à prendre. II sechargea de ménager l’esprit du Cardinal & de le confirmer dans ce des-sein. II s’appliqua particulièrement à gagner les bonnes grâces du Maré-chal , fans quoi il n’auroit pû demeurer à Nantes. Pour Mr. de Caumar-tin , il retourna à Paris, asm d’y entretenir les bonnes dispositions où ilavoit mis le Clergé, d'animer les restes de la Fronde, & être à portéede pénétrer les desseins de la Cour.

On agissoit, du moins on paroissoit agir de concert à Rome pourfaire accepter la démission. Le Sieur de Gaumont avoit été nommé dela part du Roi. II ne s’étoit pas pressé. Le pacquet, où étoit la démis-sion , arriva à Rome avant lui, sous Penveloppe de l’Abbé Charrier Agentdu Cardinal de Retz. Celui-ci, qui savoit ce que ce pacquet contenoit,

& vouloit se rendre maître de cette affaire, l’ouvrit adroitement, tirala pièce essentielle, & le rendit bien fermé à Gaumont sans qu’il s’apper-çût qu’il avoit été ouvert. II se plaignit de la supercherie qu’011 lui avoitfaite ; à peine fût - il écouté. D’ailleurs le Pape déclara hautement,qu’il n’accepteroit jamais cette démission , si contraire , disoit - il, auxloix de l’Eglííe. La vraie raison de son refus, est, qu’il haïssoit égale-ment la France & le Cardinal Mazarin. Loin de contribuer en cette oc-casion à la tranquillité de cette Couronne , il exhorta puissamment leCardinal de Retz de se tirer de sa prison, de venir à Rome, l’assûrantqu’il seroit pour lui & contre le Cardinal Mazarin tout ce qui seroit enson pouvoir.

Quoiq_ue Mr. de Retz souhaitât sincèrement que le Pape changeâtde sentiment, & que l’Abbé Charrier l’en sollicitât avec les dernièresinstances, on crut qu’il n’agissoit pas de bonne - foi, & que le refus dela Cour de Rome venoit de ses sollicitations secrettes. Pour le réduire

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