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Tome second.
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Histoire

i6s4-,Stenai alíié-gé.& pris parles François.Montglas ,tam, 4. pag.S7-

Quincy, tom.i. pag. iSî-F/> rfe Coudé,pag, 4 Ï l-Turenne ,íom. 3. fctg.23<î'

roM. 4.pag. 347 -

Circonstancesingulière dela Vie duMaréchal deFabert.

aussi que le Cardinal, qui vouloit à tout prix se conserver la faveur duRoi, vit volontiers ses premiers désirs s’attacher dans fa famille.

La cérémonie du Sacre avoit servi à cacher une grande entreprise,par laquelle 011 avoit résolu de commencer la Campagne. Stenai, quiapparténoit au Prince de Coudé, incommodoit extrêmement les fron-tières de Champagne. Cette Place étoit forte & bien munie, la garni-son étoit nombreuse, & avoit pour Gouverneur le Comte de Chamilli,dont la valeur & Phabileté répondoient à l’importance du poste qu’onlui avoit confié. Fabert, Gouverneur de Sédan, depuis Maréchal deFrance , avoit toujours été attaché au Cardinal Mazarin ; fans s’embar-rasser des Arrêts du Parlement, ni de la colère & des reproches duPrince de Coudé , il avoit reçu ce Ministre dans fa Place dans le temsde ses diígraces. Pour lui marquer de la reconnoissance, & lui donneren même-tems occasion de mériter les récompenses qu’il lui destinoit,il le choisit pour faire le siège de Stenai. Le Vicomte de Turenne fûtchargé de le couvrir. II se posta avec tant d’avantage , qu’il y eût eu dela témérité à l’attaquer. II ne tint pas au Prince de Coudé qu’il ne cou-rût ce hazard. II le vouloit absolument. II demanda les troupes Lor-raines au Duc François, qui étoit venu de Vienne pour commanderpendant la prison de son frère ; le Duc les refusa , à moins que Stenai nelui fût remis comme dépendant de la Lorraine. Le Prince fit de gran-des plaintes de ce refus, si contraire, disoit-il, aux affaires du Roi d’E-spagne. Les Espagnols, quoi-qu’ils parussent entrer dans ses raisons,n’étoient point fâchés de le voir dépouillé , espérant qu’il en seroit plussouple, plus dépendant d’eux, & moins recherché de la France. Tou-tefois, pour l’appaiser en quelque sorte, ils consentirent à la propositionqu’il fit, d’assiéger Arras, se flattant que cette diversion importante se-roit abandonner Stenai. Ces deux sièges se firent à la fois, & tousdeux tournèrent à Pavantage de la France.

Fabert, avec les troupes dont il s’étoit servi pour defendre lesLiégeois, que les Espagnols vouloient forcer à rompre la neutralité, s’ap-

f rocha insensiblement de Stenai. II fût joint par les Régimens des Gardesrançoises & Suisses, qui pendant le Sacre s’étoient trouvés à Rheims.Toutes celles qui étoient en garnison sur la frontière , une partie deP Armée du Maréchal de la Ferté , qui avoit servi à réduire le Comted’Harcourt, eurent ordre de lui obéir. II investit Stenai le dix-neuf dejuin, & fit auílìtót travailler à la circonvallation, qui ne fût achevée quele trois de juillet.

L a fortune de cet Officier est si singulière, que je ne puis m’empê-cher de rapporter ici ce que j’en ai moi-même entendu dire à fa fille Ma-dame de Caylus, grand-mère de l’Evêque d’Auxerre, qui s’est ren-du si célébré par ses variations au sujet de la Constitution Unigénitus.Mr. Fabert étoit de Pont-à-Mousson, fils d’un Libraire. II embrassafort jeune le métier des armes. Son Capitaine le prit en amitié, & lefit coucher dans fa tente. Une nuit il entendit qu’il avoit une espèce

de