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HISTOIRE
——— F a b e r t n’omit rien de ce qu’il pouvoit faire pour réussir prompte-
16 f 4. nient. Le Roi, le Cardinal Mazarin, le secondèrent, se montrant fort
souvent dans les lignes, pour animer les soldats & les Officiers par leurprésence. O11 alla à la sappe tandis qu’on achevoit la mine de la demi-lune. Elle }oiia le vingt-íèpt. Vitermont, à la tête d’un détachementdes Gardes Françoises, s’y logea. II en fût chassé par une grande sortiedes assiégés. La nuit même, il s’y rétablit après un combat des plusopiniâtres. Le Marquis d’Hocquincourt, fils du Maréchal de ce nom,qui le releva le lendemain, en chassa tout-à-fait Fennemi en se rendantmaître de la traverse qu’il occupoit encore. Tous les dehors étant pris,on fit la descente du fossé. Molondin à la tête des Suisses fit passer leMineur & l’attacha au bastion, la nuit du prémier au second d’août.Chamilli, fort entendu dans son métier, éventa cette mine. On en fitune autre, qui joiia la nuit du quatre au cinq. Elle fit une fort grandebrèche , on se logea au pied, & on poussa une autre mine jusques fousle retranchement que l’ennemi avoit fait dans la gorge de ce bastion.Douze pièces de canon battirent incessamment la brèche, pour empê-cher qu’on ne la réparât.
Chamilli craignant alors d’être emporté d’assaut après qu’on au-roit fait sauter son retranchement, demanda à capituler. II fût accordé,que les Espagnols & celui qui les commandoit fortiroient tambour bat-tant , enseignes déployées ; mais que les François fortiroient fans bruit ,l’épée au côté feulement. Cette Capitulation fût signée le cinq , & exé-cutée le six. Cette Place tint trente-trois jours de tranchée ouverte.Le Prince de Condé s’étoit flatté qu’elle tiendroit plus long-tems, &c’ést ce qui l’avoit déterminé à faire le siège d’Arras. On ne s’étoitpoint attendu qu’il auroit fait une entreprise fl considérable ; on avoitcru qu’il se contenteroit d’attaquer Béthune ou la Bassée. Dans cette pen-sée, le Vicomte de Turenne & le Maréchal de la Ferté se tinrent surla frontière de Champagne, afìn d être en état de se rapprocher de Ste-nai fl Fennemi passoit dans le Luxembourg, & de pouvoir marcher versles frontières de Flandre , fl les Espagnols y faisoient quelqu’entreprise ;on étoit déterminé à faire le siège de la Capelle ou de Landrecies ; aucas qu’ils assiégeassent Béthune ou la Bassée.
Siège d’Arras Dans cette situation, on apprit par le Comte de Mondejeu Gou-E a s r les . verneur d’Arras qu’il étoit investi, fans en avoir eu auparavant le moin-
pagno s. àe avis. Dans les guerres de Flandre ces surprises font aisées. LesPlaces font fl proches les unes des autres qu’on en peut menacer plu-sieurs à la fois, fans que les Gouverneurs puissent savoir à laquelle onveut s’attacher. Le fâcheux dans cette circonstance, c’ést que presquetoute la cavalerie de la garnison d’Arras étoit dans un Camp volant, quecommandoit de Bar, proche de Dourlens fur la rivière d’Authie. IIavoit cru, auffi-bien que le Gouverneur d’Arras, qu’il auroit toûjoursassez de tems pour y taire rentrer cette cavalerie quand il i'eroit néces-saire; mais le dessein du Prince de Condé fut fl secret, sa marche fl
prompte