HISTOIRE
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L’ArméeFrançoises’approchede la Placeassiégée.
ces ouvrages.n’étoient pas revêtus, ils étoient seulement fraisés, palissa-dés & entourés de fossés. Ce n’étoit pas encore l’usage d’employer auxsièges une fi puissante Artillerie. Ainsi le Gouverneur compta que cesouvrages ne í'eroient pas facilement détruits par le canon de l’ennemi,& qu’en les soutenant par le feu de sa nombreuse garnison on ne lesapprocherait qu’avec circonspection & par tranchées ; que par-là on con-sumerait un tems considérable avant que de pouvoir parvenir au corpsde la Place , incapable d’une longue défense. Ce qu’il avoit pensé arriva,& donna le loisir de venir à son secours. Cette méthode , bonne alors ,ferait aujourd’hui fort mauvaise. Les ouvrages séparés de la Place se-raient bientôt ruinés par le canon & les bombes ; on ne pourrait y êtreen aucune sûreté, & ils serviraient aux assiégeans d’établissemens com-modes pour placer leurs batteries.
L’Armee Françoise, trop foible pour se commettre dans un païsouvert avec une Armée fi supérieure , resta auprès de Péronne jusqu’auseize de juillet. Mr. de Turenne ne fût pas d’avis qu’on Rapprochât desennemis, jusqu’à ce qu’on eût pris les arrangemens nécessaires pour as-surer les vivres. II ne vouloit pas non plus combattre une Armée quin’avoit point encore ouvert de tranchée , qui par conséquent n’étoitpoint encore affoiblie par la désertion, par la disette, & par le grandnombre de gens qu’on perd dans un siège. D’ailleurs Rapprocher del'ennemi pour être ensuite obligé de s’en éloigner, ç’auroit été découra-ger l’Armée, &, pour ainsi dire , inviter les Assiégés à se rendre, mal-gré la résolution où ils étoient de se bien défendre. Sans ces inconvé-niens, dit Mr. de Turenne, il est fans doute qu’il eût été prudent dese rendre bientôt auprès des ennemis quand ils furent devant la Place, parcequ’on les eût empêché de faire un grand magazin de vivres dans leurcamp ; mais on crut ce dernier inconvénient moindre que les autres.
Sur ces réprésentations si solides, le Cardinal Mazarin , qui étoit,avec le Roi, occupé au siège de Stenai, envoya le Tellier conféreravec les Maréchaux de Turenne & de la Ferté. On prit les arrangemensnécessaires. Sûrs qu’ils étoient de l’exactitude & de l’habileté de ce Mi-nistre , qui s’engageoit de rester fur la frontière , & de veiller par lui-même à l’exécution des paroles qu il leur avoit données, ils marchèrentvers l’ennemi. En deux jours on arriva à la vûë de leur camp , près dela hauteur de Mouchy - le - preux. Monsieur de Turenne avoit prisun détour pour fè couvrir de quelque ruisseau , afìn de pouvoiréviter le combat, si les ennemis venoient à lui. En arrivant à ceruisseau, qui étoit à une demie-lieuë de la hauteur qu’il vouloit occu-per, il eût la précaution d’ordonner à l’Armée de se mettre en batail-le, & de ne le passer que sur le soir. Lui-même, car il ne s’en fioit àpersonne, alla reconnoítre le terrein où il vouloit camper, & observersi les ennemis n’avoient point dessein de l’attaquer. On le craignit d’a-bord, parce qu’ils avoient quelque cavalerie fur la hauteur, & qu’ilsauraient pû se camper derrière le ruisseau pour en disputer le passage.
• Mais
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