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Mais pour cela il auroit fallu lever le siège, ce qu’ils n’auroient pú faire --
si promptement, que l’Armée du Roi n’eût eu le tems de fe mettre en Idf4-posture de faire appréhender l’issuë d’un combat. Dès qu’ils virent qu’onjettoit des ponts lur le ruisseau ils fe retirèrent. On le passa forttard. On travailla toute la nuit à fe retrancher, avec tant de diligence,que dès le lendemain on fût en état de défense.
E L poste étoit des plus avantageux. Le front étoit proportionné Sagesse du
au nombre des troupes. Le ruisseau couvroit la gauche ; la Scarpe ap- Vicomte de
puïoitla droite; & quand même l’ennemi fût venu attaquer avant qu’on lurenne *eût été retranché, on étoit en état de le recevoir malgré l’inégalité dunombre, & les Généraux avoient assez bonne opinion de la valeur deleurs troupes pour ne rien craindre , dès qu’on ne pouvoit les déborder& les prendre en flanc. On a dit que le Prince de Condé avoit vou-lu attaquer dès le prémier jour, mais que les Espagnols s’y opposèrent.
On a décidé, qu’il auroit eii l’avantage. Ce qu’on vient de dire prou-ve au moins, que la décision étoit téméraire. Ce qui est de certain,c’ést que Mr. de lurenne n’auroit pas été surpris, & qu’il avoit marchéavec la même précaution ques’il eut été assûré qu’on vouloit le combattre.
C e grand Capitaine ne voulut dabord rien entreprendre, que d’in-tjuiéter les ennemis & d’enlever leurs convois, persuadé que le siège se-roit long & difficile, & que, s’il pouvoit subsister dans son camp, iltrouveroit peut-être l’occaíìon de forcer leurs lignes. II ne fût point del’opinion commune , qu’il faut faire agir les François d’abord. II avoitdéjà éprouvé, & il éprouva toûjours depuis, qu’ils ont autant de pa-tience que les autres Nations, quand on fait les conduire & s’attirer leurconfiance. Ses vûës réussirent à souhait. II demeura dans son campaussi longtems qu’il le jugea à propos. Son quartier étoit à Mouchy,où étoit la plûpart de son infanterie ; fa cavalerie étoit campée fur deuxlignes, & s’étendoit jufqu’au ruisseau avec le reste de l’infanterie. Le Ma-réchal de la Ferté avoit le sien tout en-bas à la droite, du côté de laScarpe, au Village de Feule. Une partie de son infanterie campoit au-près , l’autré étoit à Mouchy ; fa cavalerie fur deux lignes occupoit l’ef-3 ace qui est entre ces deux Villages ; le corps de réservé étoit dans faflace ordinaire derrière le quartier du Général en Chef, qui étoit au mi-ieu de tout. Mouchy est fur une hauteur qui découvre & commandeles fonds où coulent la Scarpe & le ruisseau , qui descend d’Arleux danscette rivière ; de manière que l’ennemi n’auroit pû approcher du jour ,fans essuïer le feu de toute l’artillerie qui étoit dressée fur cette hauteur.
Enfin, pour assûrer d’avantage les deux extrémités des lignes, on y éta-blit de l’infanterie, aussi bien que dans le centre des ailes de cavalerie.
O N faifoit sortir tous les soirs de gros partis de ce camp ainsi forti-fié , pour enlever les convois. On les gêna assez pour que les chariotsne pussent marcher; mais on ne pût empêcher que la cavalerie ennemien’y suppléât. Ce pais n’est, pour ainsi dire, qu’une vaste plaine. Ondécouvre de loin tout ce qui s’y passe. Dès qu’un parti François y pa-
N n z roissoit,