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Tome second.
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284 HISTOIRE

roisioit, l’ennemi se mettoit à couvert dans quelque village. On leur en1654. enleva pourtant quelques-uns, & ils en perdirent un fort considérablepar un accident étrange. Un Régiment entier de cavalerie & quatre-vingt chevaux de charge , conduits par des païsans, étoient sortis deDouai pour se rendre au camp devant Arras. Chaque cavalier , les Offi-ciers mêmes, portoient un sac de poudre ; les chevaux étoient chargésde grenades. Un Lieutenant, qui étoit à l’arrière-garde, apperçut uncavalier qui avoit une pipe allumée ; il courut à lui, la lui ôta adroite-ment, la jetta à terre, & donna quelques coups de plat d’épée à ce ca-valier. Ce cavalier étoit yvre, il mit le pistolet à la main ; l’Officier sejetta promptement à terre, le cavalier tira. Le feu prit à un sac depoudre qui étoit sur le cheval du Lieutenant, & se communiqua à tousles autres.

Le Comte de Broglio Gouverneur de la Bassée, se posta à Lensavec quinze cent, ou deux mille hommes, & empêcha le transport desvivres du côté de Lille & de Douai. Le côté de St. Bol demeuroit li-bre , parla les ennemis avoient communication avec Aire & St. Orner ,d’où les munitions de guerre & de bouche leur venoient en sûreté. Aus-íì-tót qu’on étoit arrivé à Mouchy-le-preux on avoit écrit au Gouverneurd’Hedin de s’assurer de St. Bol. Si cet ordre eût été exécuté, le sièged’Arras auroit sûrement été levé sans qu’on eût été obligé d’attaquer lessignes; mais, ou les intérêts particuliers, ou la foiblesse de la garnisond’Hedin en empêchèrent. Le Vicomte de Turenne tâcha d’y remédier.II envoya Mr. de Beaujeu Lieutenant-général, avec douze cent chevaux& quelqu’infanterie. Un parti ennemi, qui alloit chercher un convoi àAire, tomba fur lui lorsqu’il ne s’y attendoit pas. II fût mis en désordre& tué fur la plaçe. Ses gens se reconnurent & se rallièrent, les ennemisfurent battus. Ce détachement fans chef retourna à Béthune. II eutordre de se rendre à Bernes pour empêcher la communication du campdes ennemis avec Aire. St. Bol demeura toûjours libre. Le Comte deBroglio essaïa de le prendre , mais il fût repoussé avec perte.

Vign eur des Q N poussoit cependant le siège avec vigueur, mais fans beaucoupa ìeges. âe succès. On avoit fait trois attaques, deux du côté de la Ville, ladernière du côté de la Cité. L’artillerie des assiégés étoit si nombreuse& si bien servie, qu’elle démontoit toutes les batteries des ennemis, &les empêchoit de pousser leurs travaux. Le Gouverneur, le Chevalierde Crequi, d’Ecquancourt, St. Lieu faisoient de grandes & fréquentessorties & nétoïoient souvent la tranchée. Ils défendirent leurs dehors auf-si-bien qu’on pouvoit le faire. Trois ou quatre fois ils repoussèrent l’en-nemi d’une palissade qui étoit fort loin de la Blace ; de forte qu’après septsemaines de tranchée ouverte, il n’étoit que fur la contrescarpe d’une de-mi-lune qui couvroit le fossé, & n avoit pris qu’un ouvrage-à-corne,dont il falloit s’emparer avant que d’aller à cette demi-lune.

L e Vicomte de Turenne, suivant son projet de ne rien risquer fansune vraie nécessité, laissoit les Espagnols s’affoiblir, & mettoit toute son

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