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Tome second.
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HISTOIRE

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On se déter-mine à com-battre.

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seule fois, pendant qu’il a servi dans les Armées de France , qu’il a en-tendu blâmer Mr. de Turenne d’exposer son monde sans nécessité. Mais,ajoute-t’il, ceux qui le blâmèrent reconnurent leur faute après la levéedu siège. Ils avouèrent, que c’étoit en s’exposant lui-même aussi - bienque les autres, qu’il avoit formé son plan d’attaque, & que s’il ne s’é-toit pas approché avec toutes les troupes qu’il avoit avec lui, les gardesavancées des ennemis ne se seroient pas retirées, & ne lui auroient pasdonné la facilité d’observer leur situation avec tant d’exactitude.

Outre qu’on s’exposoit, en Rapprochant si fort des lignes defennèmî, à perdre bien du monde, il y avoit à craindre, que tout ceCorps, qui étoit de quinze escadrons & de deux Compagnies de Dra-gons, ne fût absolument défait; les ennemis pouvoient effectivement sor-tir de leurs lignes & l’envelopper. On avoit fait cette difficulté au Vicom-te. Sa réponse fût aussi ingénieuse que faction, dont on vouloit le dé-tourner etoit hardie. II avoua qu’ils le pouvoient ; qu’il n’ólèroit en faireautant du côté d u Prince de Coudé ; mais qu’ayant servi avec les Espa-gnols il connoiíìòit leur phlegme & leurs coûtumes. Qu’il étoit sûr , qu’àson approche Fernando de Solis n’óferoit rien entreprendre de son chef ;qu’il enverroit au Comte de Fuenfaldagne, qui étoit Gouverneur des ar-mes ; que le Comte iroit lui-même, ou enverroit avertir f Archiduc, quine manqueroit pas de faire prier le Prince de Coudé, dont le quartierétoit directement opposé au sien, d’y venir délibérer dans un Conseil,qu’il feroit assembler pour résoudre ce qui étoit à faire ; & que, pendantque ces consultations se seroient entre tant de personnes différentes, onauroit le loisir de reconnoître leurs lignes, fans autre danger que celuidu canon. Tout se passa comme l’avoit dit Mr. de Turenne. Les Es-pagnols observèrent toutes ces formalités, & résolurent dans leur Con-seil de l’attaquer’, quand il n’en étoit plus tems.

Qu o 1 q. u e le Vicomte se fût si fort hazardé pour reconnoître lasituation de l’ennemi, il n’étoit pas encore déterminé à l’attaquer. IIefpéroit de sauver la Place assiégée par la prise du convoi, qu’il avoitmanqué à St. Pol. Ce convoi étoit rentré à Aire, & avoit pris un granddétour par Douai. II le fut, & en fit avertir le Maréchal de la Ferté.II fit monter toute fa cavalerie à cheval ; mais par la faute d’un Officierposté fur la route avec un petit détachement, le Comte de Bouttevilleentra dans les lignes avec toute la poudre & les autres munitions, quele Corps qu’il commandoit pouvoit porter. Ce coup manqué, les let-tres pressantes de Mondejeu, qui avertissait, qu’il n’avoit plus de pou-dre, A'^ú-il ne pouvoit plus tirer que quelques jours, déterminèrent àfaire les derniers efforts.

Sans la fermeté de Mr. de Turenne, qui n’avoit en vûë que lebien public & le service du Roi, on ne les auroit jamais faits. 11 eut àcombattre la plûpart des Officiers-généraux, que leurs intérêts particu-liers portoient à fe déclarer ouvertement contre ce dessein. Tous ceuxqui avoient des Gouvernemens autour d’Arras, craignoient de les perdre,

s’il