HISTOIRE
1654 -
Peu de Cistesde cetteVictoire &pourquoi
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forte que quatre bataillons & cinq escadrons marchoient de front. Legros canon étoit à l’avant-garde , les pièces de campagne à l’arrière-garde. Au passage d’un défilé Parrière-garde faifoit volte - face pendantque Pavant - garde défiloit ; celle - ci en faifoit de même lors qu’elleétoit passée, en laissant un espace suffisant à ceux qui dévoient sui-vre , pour se mettre en bataille à mesure qu’ils passeroient. On restoiten cet ordre jusqu’à ce que tout fût passé ; alors toute l’Armée s’ebran-loit en même tems pour continuer fa marche.
A p r e's qu’on eut fait une lieue, on découvrit quarante escadrons de sennemis qui approchoient fur la droite. Ils avancèrent plus près que laportée du canon. Le Prince de Condé étoit à la tête de cette cavale-rie. II suivit longtems le Vicomte , espérant toujours de trouver quel-que occasion de l’entamer. II l’espéra en vain , il ne pût même réussirà mettre le désordre dans un seul de ses escadrons. II crut l’avoir trou-vée à un défilé près de Maubeuge ; mais témoin de la promptitude &du bon ordre avec lesquels ces troupes faií’oient leurs évolutions pourêtre déjà en état de défense, il se retira, & n’ósa passer le défilé decrainte de s’exposer lui même.
I l étoit nuit quand on arriva au camp marqué près de Maubeuge. Leterrein étoit étroit, Pembarras fût grand ; personne ne pût reconnoîtrele lieu qui lui étoit destiné. Mr. de Turenne ne pouvant remédier àce désordre , se mit avec deux ou trois bataillons du côté par où lesennemis pouvoient venir, & passa toute la nuit à garder le reste dePArmée. II la remit en ordre dès que le jour parut, & fur le champ onmarcha à Bavai. Ce n’est plus que les restes d’une ancienne Ville. Septdifférens chemins qui naissent de Pendroit qui paroît en avoir été lagrande place font la preuve de fa grandeur passée. Elle étoit encorealors environnée de murailles. Comme elle n’est guéres qu’à trois lieuesdu Quênoi on les démolit, de crainte que l’ennemi n’y logeât des troupes.De Bavai on revint auprès du Quênoi ; on en perfectionna les travaux,on en remplit les magazins. Au commencement d’octobre on alla cam-per aux environs de Cateau - Cambresis. On y séjourna jusqu’à ce quela saison fût st avancée , qu’on n’eût plus à craindre d’entreprife fur leQuênoi, feule conquête qu’on avoit faite depuis la victoire d’Arras.
On s’étonnera peut-être qu’une Armée victorieuse n’ait fait aucuneentreprise plus coníidémble. L’étonnement cessera , quand on fera ré-flexion , que cette Armée n’étoit pas d e vingt-cinq mille hommes ; quela France en ces tems-là plus pauvre , ou plus ménagée qu’elle n’a étédepuis, n’étoit pas en état d’en entretenir de plus considérables, & defaire si promptement les grands amas de vivres & de munitions néces-saires pour les grandes entreprises. On fe plaignoit pourtant alors.Nous avons vû les plaintes dégénérer en factions , & donner occasionaux révoltes. Quelle différence pourtant de ce que la guerre coûtoitalors aux peuples , & de ce qu’elle leur a coûté depuis !
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