DE LOUIS XIV. L I V. XVII.
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flans. Cette Ville est dans les Pyrénées, située entre deux montagnes s
qui l’environnent, & qui en rendent l’accès extrêmement difficile. Pour 16^4.dérober aux ennemis la connoissance de ce dessein , 011 fit quelques mou- Montgiat ,vemens propres à leur faire croire qu’on vouloit entrer en Catalogne. tom - 4-Ils y furent trompés, & contremandèrent un renfort, qu’ils avoient fait ? as ' 7Î *partir pour Ville-franche. Buffi l’inveítit avec douze cens chevaux &douze cens hommes d’infanterie. Le Prince de Conti le joignit le len-demain avec le reste de l’Armée ; c’étoient les Régimens de Champa-gne , de Normandie, de Choupes, de Conti, de Rebé & d’Hocquin-court ; le reste étoit composé des Régimens de cavalerie de Piloi, Ar-dennes , Alarguent, Calvo, Langés, la Fare , les Gendarmes, les Che-vaux-legers, & les Gardes du Prince. Ce siège ne dura que quatre jours.
11 falloit qu’il n'y eût personne pour la défendre , ou qu’on y manquâtabsolument de tout; car sa seule situation la mettoit à couvert de surprise.
Ce sont deux rangs de maisons qui forment une rue ; à droite & à gau-che , il y a deux montagnes si près l’une de l’autre , que d’un côté il n’ya que la rivière de la Têt qui passe comme un torrent âu pied de la mu-raille ; de l’autre il n’y a qu’un chemin à passer une petite charette en-tre la montagne & le fossé de la Place. Ces deux montagnes ne fontque des rochers escarpés. Ils font hauts à perte de vue, & cette hauteurest si exceslive, que selon Monsieur de Buffi, les balles que les Mique- ^^*'411.lets tiroient de leurs mousquets tomboient dans la vallée , non par l’itn-pétuosité de la poudre, mais par leur propre poids.
D e Ville-franche on feignit de marcher vers Puicerda, afin queles ennemis y jettassent leurs meilleures troupes, & qu’on pût pénétrerfacilement dans le Lampourdan , s’emparer de Castillon, ou du moinsravitailler Rozes. L’Armée partit à ce dessein. Le Colonel Balthazar Lieute-nant-général prît les devants avec quinze cens hommes. C’étoit un excesslent Officier. II s’étoit rendu fameux dans la guerre de Guyenne au servicedu Prince de Condé, & s’étoit mis au service du Roi lorsque cette Provin-ce s’étoit foûmife. Les Espagnols avoient investi Rozes avec douze censhommes d’infanterie & huit cens chevaux. Ils avoient même pris un petitFort voisin de la Place, & attaquoient les Tours de la Selve; le reste deleur Armée s’assembloit à Ostalric. Don Juan d’Autriche devoit arriver avecdes vaisseaux chargés de vivres & de munitions. Sur ces nouvelles, quele Colonel Balthazar manda au Prince de Conti, l’Armée hâta fa marche.
On la partagea pour faire plus de diligence. L’ennemi abandonna son Montgiat,dessein. Balthazar toûjours alerte attaqua leur arrière garde vers Urgel fur tom - 4 -la Têt, & la défit entièrement. Outre les morts, qui furent en grand Qumcy,tont.nombre, il prit deux Commissaires généraux , douze Capitaines, plusieurs u p. 191.autres Officiers, plus de trois cens cavaliers & deux cens chevaux, fans Bu Jsy, tonuavoir perdu de son côté que huit ou dix hommes. *■ 42,1,
Apres cet échec, ils ne fe crurent plus assez forts pour tenir lacampagne. Ils mirent leur infanterie dans leurs Places, & leur cavaleriedans des Quartiers. Le Prince de Conti, qui par lui-même avoit beau-coup