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Tome second.
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DE LOUIS XIV. LIV. XVII. 297

rude; mais le Comte de Quincé, ayant pris les Espagnols en flanc, ilsse retirèrent fous le canon d’Alexandrie. Les François entrèrent dans leMilanez, & y vécurent le reíte de la Campagne ; mais n’étant pas assezforts ils ne purent y prendre leurs quartiers d’hiver.

On a vû en mille íìx cent quarante-huit, que le Duc de Guise étoitallé à Naples appuïerla révolte, qu’il avoit été abandonné parla France,qui l’avoit soupçonné de travailler pour ses intérêts particuliers ; qu’aprèsavoir fait tout ce qu’on pouvoit attendre d’un grand Capitaine , íì onajoute foi à ses mémoires, il étoit tombé entre les mains des Espagnols.Ils lui avoient rendu la liberté à la recommandation du Prince de Condé,à condition, qn’il se déclareroit pour lui ; il n’en avoit rien fait. Cetteconduite l'avoit rendu agréable à la Cour, au Cardinal Mazarin en par-ticulier. Depuis fa liberté, il n’avoit cessé de le persécuter pour faireune nouvelle entreprise sur le Roïaume de Naples. II assurait, qu’il yavoit conservé de grandes intelligences ; que ces peuples étoient plus mé-contens que jamais du Gouvernement d’Espagne ; qu’ils se déclareraientdès qu’ils se verraient soutenus. Le Ministre n’écouta pas d’abord cespropositions ; mais le Duc plein de courage & de grandes imaginations,ne le rebuta point. II avoit beaucoup d’esprit; il parloit aussi bienqu’on le puisse, enfin il réussit. On lui donna une flotte de quarante vais-seaux. II ne mit à la voile que le six d’oetobre. Les plaisirs qu’il goû-toit à Paris l’y tenoient tellement attaché, que pour l’en faire sortir ilfallut qu’on le menaçât de changer la destination de la flotte, qu’onavoit équipée à sa sollicitation. 11 eût d’abord le tems contraire ; sesvaisseaux furent séparés des galères; ils furent poussés fur les côtes deSicile, tandis que les galères furent contraintes de s’arrêter aux Isles deSt. Pierre, proche de la Sardaigne. Le tems s’étant remis, la flotteréunie fit fa descente, l’onze novembre, à Castelmare, proche de Na-ples. Castelmare fût pris en deux jours. On s’avança ensuite vers Na-ples. La manière dont on y fût reçu à grands coups de canon; lesgrandes sorties qu’on eût à y soutenir détrompèrent le Duc de Guisede ses projets chimériques. II ne vit aucune apparence de révolte, au-contraire tous les peuples de la campagne lui refusèrent des vivres ; ilfût contraint de se rembarquer & de revenir en Provence. Le Cardi-nal Mazarin dût partager le ridicule de cette expédition. II devoit as-sez connoître le Duc de Guise pour ne compter ni sur ses projets nifur ses promesses. II devoit encore se reprocher que s’il eût fait la mê-me dépense & les mêmes efforts en mille six cent quarante-huit, il au-rait infailliblement enlevé à l’Espagne le Roïaume de Naples, & peut-être celui de Sicile.

De Duc de Guise publia un long Manifeste, où il tâchoit de sejustifier aux dépens de quelques Officiers de fa flotte. Ils lui répondi-rent , & le maltraitèrent du moins autant qu’il les avoit maltraités.

E n parlant des Armées de Flandre j’ai oublié de dire , que , tan-dis que Mr. de Turenne avoit fortifié le Quênoi, & fait vivre ses trou-

Tom. IL P p p es

lAfq.

Entreprisesur Naplesmanquée.

Quincy , 1 1 w.1. p. >y,.Mémoires.HistoriquesC bran ole-giques.

Prise de Cler-mont par lesFrançois.