HISTOIRE
1654.
Qhìncy ,tom. I. pag.
189 -
Le Vicomtede Turennerécompensé.Bujsy y tom.
i.pug. ;8;-
Christine ab-dique la Cou-ronne deSuède.Montglat ,tom. 4. pag.77 -
JtlemwesHistoriques^ Çb.nolo-giqucs.Histoire deLouis II.Prince deCondé , pag.462.
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pes pendant deux mois fur le païs ennemi, le Maréchal de la Ferté as-siégea Clermont en Argonne. Cette Ville appartenoit au Prince deCondé. Elle lui avoit été donnée pendant la Minorité avec Stenai &Jatnetz, lorfqu’on étoit content de ses services, ou plutôt lorsqu'il en-treprit de fe les faire payer. Elle étoit forte, & ce Prince, qui voyoitqu’on s’attachoit à le dépouiller, l’avoit bien munie, & y avoit mis pourGouverneur le Marquis de Fourilles. On avoit cette entreprise si fortà cœur, que le Roi vint à St. Quentin pour voir passer les troupes quidévoient l’exécuter. Clermont fût investi le vingt-cinq d’octobre ; la cir-convallation fut achevée en dix jours. La tranchée fût ouverte le cinqnovembre, & le huit le fort de í’Eglise fût emporté l’épée à la main parle Marquis de Viberpré. Deux jours après on fit un logement à lapointe de la demi-lune des Rois, mais on n’en put être maître que lequinze. Le soir même on attacha le Mineur aux bastions que cette de-mi-lune couvroit ; en six ou sept jours les mines furent prêtes. LeMaréchal de la Ferté , avant que d’y faire mettre le feu, fit sommerles asiiegés, les avertit de l’état où ils étoient. II permit même à unde leurs Officiers de venir examiner l’état des mines ; fur son rapport oncapitula. On en usa avec la garnison comme on avoit fait avec cellesde Stenai & de Mouzon ; les Espagnols sortirent avec les marquesd’honneur, les François se retirèrent fans bruit. La Campagne finit parcette conquête. Les Généraux vinrent à Paris recevoir les appîaudisse-mens qu’ils avoient mérités.
On marqua au Vicomte de Turenne d’une manière distinguée la sa-tisfaction qu’on avoit de ses services. On lui donna le Gouvernement dePoitou. On y joignoit l’importante Charge de Général de la cavalerieFrançoise vacante par la mort du Duc de Joyeuse , à condition pourtant,qu’il ne l’exerceroit pas & qu’il n’en prendroit point le titre tant quela guerre dureroit. C’étoit la méthode du Ministre de tenir en haleinepar des demi-graces, & de laisser toûjours quelque chose à espérer.Eût-elle été infaillible, un homme du caractère de Mr. de Turenne pou-voir & devoir en être excepté.
L’Europe cette année vit renouvelles l’exemple singulier qu’avoitdonné Charles quint. Christine Reine de Suède abdiqua la Couronne;non pour vivre dans la retraite, mais pour être en liberté de satisfairel’envie qu’elle avoit de voyager. Si on en croit les Mémoires de Mr.Chanut Ambassadeur de France à la Cour de Suède , Christine menoitdepuis quelques années une vie des plus extraordinaires. Elle haïssoit &méprisent les femmes jufqu’à n’en pouvoir souffrir la vuë sans répugnan-ce. Toûjours elle conversent avec des hommes de toute condition &de tout caractère. On remarqua, que depuis ses frequens entretiensavec un Médecin François nommé Bourdelot, il parut un grand change-ment dans fa conduite, íur-tout par rapport à la Religion , dont elle par-loit en général d’une manière à fcandalizer toute fa Cour;, elle eut auffi desconférences avec quelques Jésuites. '
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