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Tome second.
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D E LOUIS XIV. L I V. XVII. 299

Christine eut encore plus dégoût pour Dom Antoine Pimen-;tel Envoyé d’Espagne qu’elle n’en avoit eue pour Bourdelot. C’étoitavec lui qu’elle aimoit à se désennuïer des soins du Gouvernement. IlspaíToient ensemble les journées entières & une partie des nuits à s’en-tretenir. On fit même quelques parties de campagne ; le public en causa;mais on fit peu de cas de ces discours. Pimentel ne manqua pas de pro-fiter de fa bienveillance pour la rendre favorable à l’Espagne. II 11’v avoitque trop réussi, malgré les mouvemens que s’étoit donné Mr. Chanut.Au commencement de mai elle fit dire au Résident de Portugal de sor-tir incessamment de ses Etats, ne pouvant, disoit-elle, regarder le Ducde Bragance que comme un sujet rebelle & un indigne Usurpateur.

Ces procédés rendirent son abdication tolérable à ses sujets. Lejour en avoit été fixé au seize juin. Elle harangua fort éloquemment ; el-le assura ses sujets de fa tendresse. On lui rendit complimens pour compli-niens, & on lui fit cent protestations d’un amour & d’un attachement in-violable. Quoique son dessein de courir le monde fût connu , &qu’on eût quelque peine à souffrir que les gros revenus qu’elle se re-servoit se consommassent ailleurs qu’en Suède, on étoit si las de í'es ma-nières , on avoit si grande envie a’en être débarrassé, qu’on en passa partout ce qu’elle vouloir.

Cette Princesse avoit beaucoup d’esprit, mais, si je puis le dire,bien peu de cette raison qui règle la conduite, & qui préfère le- solideau faux brillant. La lecture des Poètes & des Romans l’avoit remplied’idées extraordinaires & de sentimens fabuleux. Les louanges, queles beaux esprits lui prodiguèrent, achevèrent ce que ces lectures a voientcommencé. Elle se regarda comme une Héroïne, & comme le plus belesprit de son teins. Elle s’imagina, que ses sujets ne méritoient pas delavoir pour Reine, & qu’il lui seroit fans comparaison plus glorieux dequitter la Couronne, que de la porter dignement. La fuite de fa vierépondit à ces idées romanesques. Elle courut le monde, fatigua tou-tes les Cours auxquelles elle iè donna en spectacle, & laissa partout uneidée fort équivoque de sa vertu & de son mérite. Nous aurons occa-sion de parler encore de cette Princesse lorsque nous raconterons com-ment elle fût reçue en France , & de quelle manière elle s’y comporta.Nous pouvons dire en général, que fa conversion à la Religion Catho-lique ne dût pas fort chagriner les Luthériens.

Qu o 1 o.u e les Hollandois eussent pris leurs mesures pour continuerla guerre contre PAngleterre, ils ne cessèrent point de souhaiter & mêmede demander la paix. Cromwel n’en étoit pas éloigné ; mais tandis qu’iln’eut pas de titre pour la conclure seul, il fit naître mille incidens pouréloigner la conclusion du traité. Dès qu’il eut été déclaré Protecteur,à la fin de Tannée précédente , il donna audience aux Envoyés desEtats-Généraux. Ils le traitèrent d’Altesse & lui parlèrent découverts.La grande difficulté fût Texclusion d u Prince d’Orange de toutesCharges publiques. Cromwel , qui s’y croioit personnellement

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1654.

Paix entrePAngleterre& 1 a Hollan-de.

Corps dip!o~mcvique ,Tarn. 6 . part.2. pag. 74.