DE LOUIS XI Y. LIV. XVIII.
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L e nouveau Pape affecta de l’éloignement pour ses pareils. Le jourde son Couronnement il répandit des larmes, &fit entendre, qu’elles ve- I6ff.noient de la violence qu’il se faisoit de renoncer à sa famille, qu’il avoitjusqu’alors tendrement aimée. Les premiers jours il fit mettre son cercueilà la ruelle de son lit, & par un contraste ridicule , il donna tous ses foinsà se faire faire des meubles, des habits , des équipages plus magnifiquesque n’en avoient les plus vains de ses prédécesseurs. Son luxe parut dansles plus petites choses, jusques dans ses pantouffles, qui coûtèrent plusde cinquante écus. Pasquin l’eut bientôt défini, par ces Mots, Mini-MUS IN M A XIM1S , Maximus IN MlNlMlS, C’éjì un genie admira-ble pour des bagatelles , V ^ ei médiocres pour les grandes affaires. II n’aimoitpoint la France ; mais son incapacité l’empêcha de lui faire du mal. IIparut d’abord fort porté pour le Cardinal de Retz, mais, gagné par sesneveux , qui ne vouloient pas s’attìrer l’inimitié de cette Couronne,non-seulement il l’abandonna, il le persécuta même.
D e's que le mois de mai fut venu on pensa à se mettre en Cam- Siège depagne. Le plan étoit de continuer d’éloigner l’ennemi des frontières, & Landreciesde porter la guerre dans son pars. Dans cette vue , tout l’hiver, les pranqoise. 62garnisons de Champagne & de Picardie avoient été dans un mouvement Montgiat,continuel pour conserver le Quênoi, sur lequel on savoit que le Prince tom. 4. pag.de Coudé formoit des desseins. Louis quatorze partit de Paris le dix- ^' urennehuit de mai, & après quelque séjour à Conrpiègne , il se rendit à la Fè- t0 “ n , ”,re, où son Armée s’assembla. Le Vicomte de Turenne , qui devoit 41. N tom.la commander , prit ce tems pour mener deux convois au Quênoi. Ils 4- V- 4°i-dévoient servir pour la sûreté de cette Place, & pour le siège de Lan- L.drecies, qui avoit été résolu dès l’année précédente. ^ t om.
Le Prince de Condé & l’Archiduc étoient déjà en Campagne. L’Ar- ì-pag. 157-chiduc campoit aux environs de Mons, le Prince de Condé étoit fur la , mn -Sambre , peu éloigné de Landrecies. Ces deux camps pouvoient se join- 2 ‘* ag ' 7 ‘dre à un jour de marche. II ne paroissoit guères possible d’entreprendreun siège presqu’en leur présence. On le fit pourtant ; mais il fallut userd’adresse. Tandis que f Armée du Vicomte de Turenne se formoit à laFère sous les yeux du Roi, celle du Maréchal de la Ferté s’assembloitautour de Laon. Les deux Armées ne s’assemblèrent qu’à Guise, la nuitdu dix-sept au dix-huit de juin, & marchant auffi-tôt, se trouvèrent lemême jour vers les quatre heures du soir à la portée du canon de Lan-drecies. Mr. de Turenne étoit fauteur de ce conseil, fondé , fur ce quef ennemi voyant les troupes en divers quartiers, étoit obligé d’avoir l’œilde plus d’un côté ; au-lieu, que si elles eussent été assemblées, il s’en se-roit approché avec toutes ses forces, lesquelles étant à-peuprès égales,il eût été impossible d’exécuter le dessein qu’on avoit formé.
Cette ruse eut tout le succès qu’on pouvoit souhaiter. La pré-mière nouvelle qu’eurent les Espagnols de f Armée Françoise , fût qu’elleétoit devant Landrecies. Us y avoient jetté depuis peu deux Régimens d’in-fanterie. Par ce secours la garnison se trouvoit de quinze cens hommes
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