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HISTOIRE
I6ss.
Habiletédu Vicomtede Turenne,Turenne ,tom. 3. pag.262.
II passe l’Es-caut.
j Montglat ,tom . 4. pag.
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L’Armée en-nemie se re-tire en désor-dre.
distance en distance, qui règnoient le long de la rivière depuis St. Guif-lain jusques vers Condé. On a une facilité particulière en Flandre pourí'e retrancher promptement ; la terre y est propre, & les païlans sontaccoutumés à environner leurs champs de foliés; ils font en peu dejours des travaux fort profonds. Outre la facilité de faire ces retranche-mens, le pais étoit innondé ; cequi joint aux fossés, dont il étoit cou-pé , rendoit l’approche prefqu’impoffible. II n’y avoit de chemin prati-quahle que celui de la chaussée qui conduisoit au pont de Haine ; onfût fur le point de résoudre qu’on forceroit ce seul passage.
L e Cardinal Mazarin, qui affectoit d’être brave & intrépide , ré-préfenta combien il í’eroit glorieux de passer une rivière à la vûë d’uneArmée formidable. Ce sentiment auroit passé fans le Maréchal de Tu-renne qui s’y opposa. On fût obligé de fe rendre à la force de ses rai-sons. II avoua, qu’on pourroit forcer ce passage , mais qu’on y per-drait un monde infini ; il ajouta, que cette considération n’étoit pas lafeule, qui l’obligeát à dissuader de cette entreprise ; qu’il croioit qu’on pou-voit l’exécuter sans rien hazarder en passant l’Efcaut un peu au-dessus deBouchain ; qu’on laisserait Valenciennes fur la droite ; qu’on marcheraità Condé , où l’on passerait l’Efcaut une seconde fois ; qu’ainíì on pren-drait les ennemis en flanc, & que les grands retranchemens qu’ils avoientfait leur deviendraient inutiles. Ce conseil fut suivi. Auffi-tôt 011 mar-cha à Bouchain. Les Espagnols instruits de ce mouvement marchèrenten même tems vers Valenciennes.
Le treizième août, l’Armée Françoise arriva à Neuville sur T EscautElle n’y trouva aucune résistance ; elle passa tranquillement cette rivière.Une partie de la cavalerie ennemie se fit voir, mais elle fe retira auffi-tôt auprès de Valenciennes, où le Corps de leur Armée étoit arrivé cejour-là même. Ils s’étoient postés fort avantageusement, aïant les boisde St. Arnaud fur leur droite , & la Ville fur leur gauche. Ilsavoient devant eux des lignes d’un ancien camp , qui s’étendoient de-puis la Ville jufqu’aux bois. Au-lieu de disputer le passage de la riviè-re comme ils le pouvoient, & comme il fomble qu’ils sauraient dû faire,ils s’occupèrent, ou plûtót ils s’amuíerent à réparer ces vieilles lignes,qui effectivement fe trouvèrent le lendemain en bon état de défense.Leur dessein n’étoit pas d’y attendre l’Armée Françoise, mais de lui fai-re perdre l’envie d’en approcher.
Ils ne réussirent point. Le Maréchal de Turenne marcha droit àeux. II avoit donné ordre à Castelnau , qui conduisoit l’avant-garde, deles déborder, & de se mettre à portée de les prendre en flanc, tandisque lui-même avec le canon & l’infanterie les attaquerait de front. Cespréparatifs étoient inutiles. L’Armée d’Espagne n’étoit plus dans son camp.Elle avoit défilé vers Condé pour y pastèr l’Efcaut, dès qu’elle avoit fûqu’on marchoit à elle. Le Prince de Condé y étoit resté seul avec quel-ques escadrons pour couvrir fa marche & assurer fa retraite. Castelnau fitavertir le Vicomte de cette retraite; auffi-tôt il en reçut ordre de pour-