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HISTOIRE
Turenne ,tom. z.fag. 26;.
Turenne,tom. 2.í«g* 47-
tom. 3.í«g. 267.Montglat ,tom. 4.
ML- 89-
Siège & prisede Condé.(JuÌKcy ,tom. t.pag. 200.fíujjì , tom.2. pag- 34 -
de deux choses qui le regardoient, l’une, qu’il ne vouloit pas quitter leposte de Valenciennes, l’autre, qu’un des escadrons de son arrière gar-de avoit passé l’Escaut à la nage. Ce qui avoit obligé Mr. de Turenne àmander la première circonstance, c’étoit, que beaucoup de gens de con-dition ayant parlé aux gens de Monsieur le Prince, ils avoient rappor-té , que si Monsieur le Prince eût été cru , il n’eút pas quitté le poste deValenciennes ; pour ce qui regardoit l’escadron, qui avoit passé à la na-ge , St. Lieu le lui avoit dit. Du reste, Monsieur de Turenne ne senommoit en rien , ni n’appuïoit pas fur la retraite précipitée des enne-mis , ni fur le mauvais parti, qu’ils avoient pris de venir à un poste au-devant de l’Armée du Roi, pour le quitter en fa présence , & entrerensuite dans une telle confusion, qu’ils abandonnèrent toutes les rivières& les païs du monde les plus avantageux, ayant une Armée qui n’étoitpas inférieure à celle du Roi,
Quoiq.u’il en soit, de ces deux circonstances, elles ne méri-toient point du tout l’excès auquel le Prince de Condé se porta. II écri-vit au Maréchal de Turenne & à plusieurs autres Officiers, comme s’ileût voulu faire un Manifeste. II difoit à ce Général, que, s’il n’avoít con-nu son écriture, il auroit pris fa lettre pour une gazette ; qu’il étoit fortfacile de voir, qu’il n’étoit pas à la tête de l’avant-garde qui le poussoitaprès le passage de l’Escaut, parce qu’il auroit vû qu’il n’avoit pas fui,ainsi qu’il l’écrivoit au Cardinal Mazarin , mais qu’il n’en parloit que parimagination, n’ayant pas coutume de se trouver en ces lieux-là, par legrand foin qu’il prenoit de la conservation de sa personne. Mr. de Tu-renne reçut cette lettre en présence de beaucoup d’Officiers, & la leurmontra. Elle ne le fâcha point, ( c’ést-lui-même qui parle ), sentantqu’il n’avoit rien fait contre Pestime qu’il avoit pour le Prince de Condé,ni contre le respect que l’on doit à un Prince du sang ; mais il vit bien,que les choses ne lui ayant pas réussi , il s’échaufiòit fur une matièrebien legère. II ne récrivit point à Monsieur le Prince, qui dans la finde cette Campagne & dans la suivante témoigna beaucoup d’aigreur con-tre lui, & ils ne Récrivirent plus comme ils avoient fait les Campagnesprécédentes. Se conduire avec tant de modération après une insulte simarquée, c’étoit vaincre une seconde fois.
L a retraite de l’Armée ennemie fous Tournai laissa la liberté de pas-ser l’Escaut ; on s’en servit. Ne voyant rien de mieux à faire , & de
? lus proportionné aux forces qu’on avoit, on attaqua Condé. Cettelace fût prise le.troisième jour de la tranchée ouverte. Les fortificationsn’en valoient rien ; elles n’étoient que de terre ; c’étoit à-peu-près com-me un camp retranché. Les deux mille hommes qui y étoient supplé-èrent à la foiblesse des travaux ; ils firent un feu terrible fur les travailleurs ;tuèrent quantité de soldats, deux Capitaines aux Gardes & plusieursautres Officiers. O 11 fit une faute qui occasionna cette grande perte.Le Maréchal de la Ferté alla à la tranchée. 11 crut qu’on étoit assezproche pour faire un logement au pied des palissades, qu’il jugeoit
être