DE LOUIS XIV. L IV. XVIII.
Zrz
être en-decà du fossé sur le bord, & conséquemment il ordonna qu’on ——■fìt ce logement. Dès qu’il fût nuit, on se mit en devoir de le faire. i6ff.On arriva au fossé, mais on n’y trouva point de palissades, ellesétoientou elles dévoient être, c’éít-à-dire, de l’autre côté fur la berme. Onpassa donc le fossé, qui n’étoit ni large ni profond; on s’efforça de feloger fur la berme au pied des palissades ; on y trouva une extrême ré-sistance ; cet endroit étant exposé au feu de tous les autres ouvrages, ilfallut fe retirer & fe contenter de fe loger fur le bord du fossé.
Pendant ce siège BuffiRabutin fût envoyé pour escorter les four- Mmtglat ,rageurs avec sept ou huit escadrons. II les posta de l’autre côté de l’Ef- mn -$ p- sé-cant , à portée des Villages où on fourrageoit. Sur le soir, lorsque la ta !Tplûpart des fourrageurs étoient retournés au camp, il apperçut deux ef- ' s ’cadrons des ennemis. II lui prit envie de les charger. Plusieurs jeunesvolontaires c[ui étoient avec lui, entr’autres le Prince de Marsillac & leComte de Guiche, Py déterminèrent. II marcha à eux avec toute fa trou-pe. Les ennemis fe retirèrent avec précipitation. Il les poursuivit de mê-me , & il alloit les joindre, lorsque tout à coup ils firent volte-face. Enmême tems on découvrit quatorze escadrons ennemis, qui fortoient d’unfonds où ils s’étoient mis en embuscade. Bussi, aussi surpris que ceuxqui l’accompagnoient, ne trouva point d’autre parti à prendre, que d’or-donner la retraite , qui fe changea bientôt en fuite. Les deux escadronsqui avoient fui, fe voyant soutenus chargèrent les huit escadrons Fran-çois. Bussi vouloit tourner tête de tems en tems & fe retirer avec hon-neur , mais la vûë des quatorze escadrons quoique fort éloignés, inspiraà ses gens une telle fraïeur, qu’il lui fût impossible de les arrêter, ilscoururent jufqu’à un défilé, où ils fe rallièrent. Cette cavalerie étoit lameilleure de France, composée d’anciens Officiers & de vieux cavaliers ;fans la surprise , apparemment qu’on en auroit fait un meilleur usage.
O n perdit peu de monde, il n’y eût que cinq ou six morts & centprisonniers ; mais le Régiment du Roi y perdit plusieurs étendarts. Le Montgiat ,Prince de Condé les fit demander à Dom îFrancifco Pardo, qui avoit tam ‘ 4> 9I *commandé ce parti. II les renvoya à Montpezat Lieutenant-général &
Mestre de Camp du Régiment qui les avoit perdu. II lui écrivit enmême tems, qu’il n’avoit pû souffrir que les fleurs de Lys servissent detrophées aux Espagnols ; il prioit Montpezat de le dire au Roi, & delui présenter de sa part ces étendarts. La commission fût exécutée ;mais Louis quatorze refusa de voir la lettre de ce Prince. II ordonna,que les étendarts fussent renvoyés, & qu’on lui dît, qu’il étoit si rarede voir les Espagnols battre les François, qu’il ne falloit pas lorsque ce-la arrivoit, leur envier le plaisir d’en garder des marques.
Monsieur de Bussi dans ses Mémoires, raconte ce fait à sonavantage. A la vérité il avoue qu’il fût battu, mais ce ne fût point fa faute.
II n’attaqua point ; il ne donna point dans le piège qu’on lui avoit ten-du, & si ses ordres avoient été exécutés il s’en seroit tiré avec hon-neur. J’ai suivi ce qu’en ont écrit le Duc d’Yorck & Monsieur de
Tm. IL R r Mont-