HISTOIRE
idísf.Turenne ,tom. 4. pag.
412.
tom. 3. pag.268*
Mauvaisemanœuvredes Espa«gnols.
tom. 2. pag.268.
On leurprend St.Guislain.iìgincy ,tom. 1. pag.201 .
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Montglat, qui étoient tous deux à l’Armée & sûrement à portée de sa-voir cequi se paísoit ; d’ailleurs Mr. de Turenne en deux mots confirmeleur témoignage. „ Durant ce liège , dit-il, Mr. de Buíìì étant allé pour,, escorter les fourrageurs avec trois Régimens de cavalerie, en se re-„ tirant fût chargé par quelque cavalerie de l’Armée ennemie, & fût bat-„ tu avec fort peu de résistance “ II faut pourtant dire que le Vi-comte n’aimoit pas Buffi ; du moins ce dernier fe plaint fort de la pré-férence que ce Général donnoit fur lui à d’autres Officiers. Par malheurpour Mr. de Buffi, il s’est plaint de presque tous ceux fous qui il a ser-vi , & jamais on n’a eu pour lui les égards que ses services & fa valeur mé-ritoient ; le Prince de Conti est le seul dont il se loue.
Apres la prise de Condé on étoit si fort avancé dans le païs de l’en-nemi, qu’il craignoit pour toutes ses Places. II les garnit de troupes, &s’affoiblit tellement, qu’il n’ósa le reste de la Campagne Rapprocher del’Armée Françoise. „ II lui arriva, dit Mr. de Turenne, ce qui arrive„ ordinairement quand la fraïeur s’est saisie d’une Armée, savoir, que„ l’on craint beaucoup plus d’un ennemi qu’il ne peut exécuter ; & quoi-„ que l’on ait une grande expérience, on ne laisse pas d’appréhender des„ choses, que l’on fait bien que l’on ne feroit pas, si on étoit à fa place,j, Mais comme il arriveroit de grands maux si un ennemi faisoit plus qu’on„ ne pense , on aime mieux rémédier à ce que même on croit qu’il ne„ peut pas faire ".
Dans ^incertitude où étoient les Espagnols, ils envoyèrent un grosdétachement pour couvrir Bruxelles. On n’avoit aucun- dessein fur cettePlace, on vouloit seulement assurer les conquêtes qu’on venoit de faire.St. Guislain n’est qu’à trois lieues de Condé , & les vivres pouvoient yvenir avec facilité. On l’affiégea & elle fût prise en quatre ou cinqjours. Le Roi vint à ce Siège, & témoigna une grande intrépidité.L’Armée demeura plus de six semaines à fortifier ces deux Places, & àfaire venir des convois pour les munir. II falloit que tous les vivres vins-sent de Guise, où on les assembloit de la Picardie & de la Champa-gne; ils venoient avec facilité, car les ennemis toûjours prévenus de lapensée qu’on en vouloit à Bruxelles , ne pensoient qu’à rassurer ; mais ilen falloit une si grande quantité, que la Campagne ne s’acheva qu’avecpeine. Le païs étant rempli de Villes dont les garnisons étoient nom-breuses , on étoit obligé de prendre des précautions extraordinaires pourassurer les fourrages. L’eseorte étoit toûjours aûmoins de deux mille che-vaux , toûjours commandée par un Lieutenant-général. On gardoit àcet égard un secret impénétrable ; ce n’étoit qu’au sortir du camp que lesíòldats savoient de quel côté on les feroit marcher. Le Vicomte deTurenne marchoit souvent lui-même. Par ces foins les fourrages fu-rent aussi abondans qu’ils pouvoient l’étre dans un païs , qui presquedepuis vingt ans étoit le théâtre de la guerre, & l’on perdit très peude monde.
L’Ar-